Les discussions de l'Union européenne concernant une réforme de sa politique migratoire ont été repoussées à jeudi. Cette réforme pourrait permettre la création de centres pour migrants en dehors de l'UE.
Ces « hubs de retour » sont soutenus par plusieurs pays, dont le Danemark, l'Autriche et l'Allemagne, qui envisagent déjà des sites potentiels pour leur installation. Parmi les options, on compte des pays tels que le Rwanda, l'Ouganda et même l'Ouzbékistan.
Le concept, proposé il y a un peu plus d'un an par la Commission européenne, s'inscrit dans un ensemble de mesures visant à intensifier les expulsions de migrants non éligibles. Bien que la discussion initiale se soit approchée d'un consensus, un dernier point de blocage a contraint à un report.
Actuellement, seulement 20 % des décisions de renvoi aboutissent. Ce chiffre, souvent évoqué par ceux préconisant des politiques migratoires plus strictes, met en évidence les difficultés rencontrées par les États européens pour renvoyer des migrants dans leur pays d'origine.
Sous la pression d'une opinion publique de plus en plus agglomérée autour de ces enjeux, la Commission européenne veut permettre l'envoi de migrants dont les demandes d'asile ont été rejetées vers ces fameux centres établis dans des pays tiers.
Le nouvel ensemble de règles devrait inclure des sanctions sévères pour les migrants refusant d'obtempérer, des détentions aux confiscations de documents d'identité. Ces propositions sont accueillies avec enthousiasme par la droite au Parlement et par une majorité d'États membres.
« Ces règles nous permettraient de mieux réguler qui entre et reste dans l'UE », a souligné le commissaire européen, Magnus Brunner.
Cependant, les critiques ne manquent pas. Les voix de gauche et des ONG s'élèvent contre ces mesures, les qualifiant de contraires au droit international. Olivia Sundberg Diez d'Amnesty International avertit que de telles politiques pourraient aggraver les situations précaires des migrants.
L'idée de créer des hubs pour détenir les migrants n'est pas nouvelle. L'Italie a précédemment expérimenté un centre en Albanie, mais celui-ci est resté sous-utilisé en raison de contestations judiciaires. Un accord semblable entre le Royaume-Uni et le Rwanda a été abandonné.
Les pays de l'UE intéressés poursuivent leurs réflexions et cinq d'entre eux se réunissent régulièrement à Bruxelles pour développer différents modèles de centres. Selon plusieurs sources, une liste de pays potentiels pour accueillir ces centres serait déjà en préparation, et des discussions ont commencé.
L'Allemagne, particulièrement active sur ce dossier, espère conclure des accords d'ici la fin de l'année. Toutefois, des nations comme la France et l'Espagne demeurent sceptiques et s'écartent des négociations.
Parallèlement, l'UE cherche d'autres voies pour expulser les migrants, avec des initiatives controversées, telles qu'une invitation de responsables talibans pour discuter du retour des migrants en Afghanistan, une démarche qui suscite de vives critiques.







