Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclenché un véritable tollé tant au sein de son propre gouvernement qu’à l’international en diffusant une vidéo d'une nouvelle flottille destinée à Gaza, où l'on voit des militants agenouillés et les mains liées après leur arrestation en mer.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réagi en qualifiant ces images de "non conformes aux valeurs d'Israël", tandis que le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a accusé Ben Gvir d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec ce "spectacle honteux".
"Non, vous n'êtes pas le visage d'Israël", a insisté le chef de la diplomatie, soulignant l'inadéquation de telles scènes avec l'identité israélienne.
Les forces israéliennes, qui ont intercepté la flottille au large de Chypre, ont entamé mercredi le transfert des centaines de militants pro-palestiniens qui se trouvaient à bord vers des installations de détention dans le sud d'Israël.
"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", déclare Ben Gvir de manière triomphale dans sa vidéo, accompagnée de l'hymne national israélien. On y voit des militants, visages contre le sol, flottant sur le pont d'un navire de la marine israélienne, tandis qu'une jeune femme, criant "Libérez la Palestine", est brutalisée par les forces de sécurité.
- "Inadmissible" -
Les réactions à l'étranger ont été immédiates, Rome qualifiant le traitement des militants pro-palestiniens, dont beaucoup sont italiens, d'"inadmissible" et exigeant des excuses. Madrid a décrit ces scènes comme "monstrueuses, indignes et inhumaines", tandis que Dublin a exprimé sa consternation face à la vidéo diffusée.
La France ne reste pas en reste et a convoqué l'ambassadeur israélien pour traiter des "agissements inadmissibles" du ministre Ben Gvir, connu pour ses déclarations provocatrices.
Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a annoncé que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens, faisant route vers l’État hébreu.
"Ces participants civils avaient pour but d'apporter de l'aide humanitaire à Gaza et de contester un blocus illégal. Ils ont été enlevés de force dans les eaux internationales", a déclaré l’organisation Adalah, spécialisée dans les droits de l'homme, ajoutant que certains détenus ont déjà été acheminés vers le port d'Ashdod.
Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie la semaine précédente dans le but de briser le blocus imposé par Israël à Gaza, une région en proie à des pénuries économiques et humanitaires accentuées par des années de conflit.
Tout en critiquant le comportement de son ministre, Netanyahu a insisté sur le droit d'Israël à empêcher de telles flottille, qualifiant les militants d'"alliés du Hamas". Il a promis leur expulsion "dès que possible".
- "Au service du Hamas" -
Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a précisé que les membres de la flottille arrêtés avaient la possibilité de rencontrer leurs représentants consulaires. Il a également qualifié la flottille d'être un simple coup de communication au service du Hamas, le mouvement islamiste qui a récemment intensifié les tensions en Israël.
Le Hamas a déploré la vidéo, dénonçant la "dépravation morale" d'Israël.
Israël contrôle l'intégralité des points d'entrée vers Gaza, qui est sous blocus depuis 2007. Pendant la guerre, où une trêve précaire est en vigueur, la région a souffert de graves pénuries en produits de première nécessité, l'État hébreu bloquant parfois les livraisons d'aide humanitaire.
Une précédente flottille avait également été interceptée en avril dernier dans les eaux internationales, la plupart des militants ayant été expulsés vers l'Europe, tandis que deux d'entre eux avaient été retenus en Israël et expulsés après plusieurs jours de détention.







