La grève annoncée chez le géant sud-coréen des puces-mémoires, Samsung Electronics, a été miraculeusement suspendue juste avant son lancement, indique le syndicat majeur du groupe, après des négociations intensifiées avec la direction qui ont conduit à un accord sur les salaires en lien avec la prolifération de l'intelligence artificielle (IA).
Initialement, les syndicats avaient prévu une grève du 21 mai au 7 juin, potentiellement impliquant 50.500 membres sur un total de 125.000 salariés en Corée du Sud. Les discussions avaient échoué plus tôt dans la journée, suscitant des craintes de tensions croissantes.
Cependant, des pourparlers de dernière minute, facilités par le ministre du Travail, ont permis de parvenir à un accord de principe. Le ministre a souligné l'importance du dialogue, indiquant que les deux parties avaient su préserver la communication jusqu'à la dernière minute.
Le Samsung Electronics Labor Union (SELU) a ensuite annoncé le report de la grève « jusqu'à nouvel ordre », précisant qu'un vote sur cet « accord salarial provisoire » aura lieu du 23 au 28 mai.
L'entreprise a confirmé : « La direction et les représentants des employés ont convenu d’un accord de principe sur les salaires et les négociations collectives », tout en promettant d'apprendre de cette expérience avec humilité.
Ce conflit survient au moment où le secteur des puces connaît une flambée de bénéfices grâce à l'essor de l'IA, avec un profit net de 27 milliards d'euros pour Samsung au premier trimestre 2026, un chiffre multiplié par six par rapport à l'année précédente.
Les syndicats avaient formulé des demandes de hausse de salaire de 7%, dénonçant aussi le plafonnement des primes et demandant à Samsung d'affecter 15% de son bénéfice d'exploitation aux bonus. Les représentants des syndicats critiquent un manque de transparence concernant les primes, surtout en comparaison avec SK Hynix, un autre acteur majeur du secteur, où les employés perçoivent des primes trois fois plus élevées.
La direction de Samsung, quant à elle, a rappelé que répondre à ces revendications pouvait nuire aux principes fondamentaux de l'entreprise.
Historiquement, Samsung a toujours été hostile aux syndicats. Le fondateur, Lee Byung-chul, s’était opposé à leur formation de son vivant, jusqu'à sa mort en 1987. Le premier syndicat n'a été créé qu'à la fin des années 2010.
La présidence sud-coréenne a même exprimé de vives préoccupations, appelant les deux parties à trouver un terrain d’entente pour éviter des repercussions sur l'économie.
La prospérité de Samsung et SK Hynix soutient la croissance économique sud-coréenne, dont 12,5% du PIB est généré par Samsung. En mai, sa valeur boursière a dépassé 1.000 milliards de dollars pour la première fois.
Le risque d'une grève aurait eu des conséquences économiques majeures, avec des estimations de la Banque de Corée suggérant qu’un arrêt total de production pourrait réduire le taux de croissance de 0,5 point de pourcentage en 2026.
Si la grève menaçait d’infliger des dommages économiques significatifs, le gouvernement envisageait des mesures d'arbitrage d'urgence pour suspendre le mouvement pour 30 jours.
L'impact potentiel sur l'industrie technologique aurait également été considérable, Samsung étant le principal fournisseur mondial de puces-mémoires. La Chambre de commerce américaine en Corée avait récemment exprimé ses inquiétudes quant aux goulets d'étranglement du marché des puces-mémoires et les incertitudes d'approvisionnement.
Un tribunal sud-coréen avait par ailleurs ordonné le maintien des opérations à des niveaux normaux, sous peine d'amendes, renforçant ainsi la pression sur les syndicats.







