C'est un moment marquant pour la capitale lituanienne : mercredi matin, une alerte au drone a entraîné la mise à l'abri du président, de la Première ministre et des citoyens, interrompant temporairement les transports. Les alertes se sont multipliées ces derniers mois en raison de l'intensification des frappes ukrainiennes visant des installations russes dans la région de Saint-Pétersbourg, à proximité de l'Estonie et de la Finlande.
Il s'agit d'une première depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022 et l'utilisation fréquente de drones. L'alerte a été émise vers 10 h 20 et a averti la population de se rendre immédiatement dans des abris ou des lieux sûrs. Les informations ont suscité une réaction rapide : de nombreux habitants se sont réfugiés dans des caves ou des garages.
Andrej Vasilenko, un photographe de Vilnius, a confié : "Je me suis habillé et suis descendu au sous-sol. J’étais seul, aucun autre habitant n’était là. Mon enfant était à l’école et a pu se mettre à l'abri. C'était étrange mais, en même temps, beaucoup de gens en Ukraine vivent cela depuis quatre ans."
La sécurité des institutions en question
Le président Gitanas Nauseda et la Première ministre Inga Ruginiene ont également été évacués. Les députés présents au Seimas ont entendu depuis des haut-parleurs des messages les invitant à se réfugier, en raison du risque d'attaque aérienne. Les vols à l'aéroport international de Vilnius ont été suspendus, et les trains ont été arrêtés, les voyageurs étant également évacués.
Cette alerte a été déclenchée par un "signal radar présentant des caractéristiques typiques d'un aéronef sans pilote" dans l'espace aérien du Bélarus, proche de la Lituanie. Une mission de protection de l'espace aérien de l'OTAN a été activée, avec la présence de chasseurs F-16 roumains. Vilmantas Vitkauskas, chef du Centre national de gestion des crises, a rapporté qu'un drone avait été observé dans le district de Vilnius.
Des incidents alarmants dans la région
Depuis le début de l'intervention militaire russe, des drones se sont écrasés en Lettonie ainsi que dans d'autres pays baltes. L'Ukraine poursuit des cibles russes, mais des défaillances techniques peuvent entraîner des incidents sur le sol de ces alliés. Les pays partenaires ont réaffirmé leur solidarité envers les États baltes, condamnant fermement Moscou. Selon Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, les drones ne représentent pas une volonté d'Ukraine d'attaquer le territoire balte, mais une conséquence de l'agression russe.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a également pointé du doigt la Russie et le Bélarus en affirmant qu'ils portent "la responsabilité directe" des dangers encourus par la population de cette région. Bien que ces événements n'aient pas occasionné de pertes humaines, ils mettent en lumière les lacunes dans la défense aérienne des États baltes. Ces incidents récents ont même conduit à la perte de poste de la Première ministre lettone, Evika Silina, après une crise de confiance au sein de son gouvernement.







