Le géant américain des semi-conducteurs, Nvidia, a dévoilé mercredi des résultats nettement au-delà des prévisions, son directeur général, Jensen Huang, signalant une « accélération à une vitesse extraordinaire » des projets d'infrastructure pour satisfaire la demande croissante en intelligence artificielle (IA).
Le bénéfice net s'établit à 58,3 milliards de dollars pour le premier trimestre de l'exercice décalé du groupe, soit plus de trois fois celui de l'année précédente (+211%), selon un communiqué officiel. Ce résultat, calculé sur une base par action et avant éléments exceptionnels, atteint 1,87 dollar, un chiffre supérieur aux 1,75 dollar escomptés par les analystes, d'après le consensus de FactSet.
Jensen Huang a, une nouvelle fois, souligné le tournant majeur que représente l'émergence des agents IA, des interfaces innovantes dépassant le simple cadre de réponse pour effectuer des tâches de manière autonome. « Ces agents apportent une valeur ajoutée considérable et sont rapidement adoptés par les entreprises », a-t-il déclaré, tel qu'indiqué dans le communiqué.
Positionnée de manière unique, Nvidia se trouve au cœur de cette transformation, avec ses processeurs, serveurs et son architecture logicielle intégrant tous les aspects de l'IA, que ce soit dans le cloud ou sur site, selon Huang.
L'augmentation de la demande pour les agents IA stimule également le besoin en puissance de calcul, fourni principalement par les célèbres GPU (unités de traitement graphique) de Nvidia. Le chiffre d'affaires atteint 81,6 milliards de dollars, en bonification de 85% par rapport à l'année précédente.
Malgré cette performance impressionnante, le marché n'a pas réagi de manière positive. En effet, dans les échanges électroniques après la fermeture de Wall Street, l'action a chuté de près de 1%. Jacob Bourne, analyste chez Emarketer, a réagi en soulignant que « Nvidia a performé au-delà des attentes, mais cela est déjà intégré dans le cours, car cela se vérifie chaque trimestre ». Il insiste sur les incertitudes concernant la durabilité de cette trajectoire pour les années à venir, notamment 2027 et 2028, dans un contexte de concurrence croissante dans le domaine de l'inférence, c'est-à-dire l'application des modèles d'IA.
Bourne évoque aussi des craintes parmi certains observateurs quant aux accords de Nvidia avec divers acteurs de l'écosystème IA, qui impliquent souvent un investissement de la part de Nvidia dans les entreprises clientes, comme OpenAI, CoreWeave ou encore la start-up Cohere. Ces transactions ont incité certains analystes à penser que Nvidia « soutient la demande pour ses propres produits en utilisant son bilan », a-t-il ajouté.







