Ce mercredi 20 mai, lors d'une interview accordée à l'AFP, Jeff Landry, l'émissaire américain, a exprimé la nécessité pour les États-Unis de reprendre une position plus affirmée sur ce territoire danois. "Je pense qu'il est temps que les États-Unis remettent leur empreinte sur le Groenland. Vous voyez le président parler de renforcer les opérations de sécurité nationale et de réaffecter du personnel dans certaines bases", a-t-il confié.
Lors de sa première rencontre avec les autorités groenlandaises, Landry a souligné que "le Groenland a besoin des États-Unis". Sa présence, non sollicitée, a rapidement éveillé des préoccupations sur place.
Les enjeux géopolitiques du Groenland
Actuellement, l'armée américaine ne dispose que d'une base sur l'île, celle de Pituffik, alors qu'elle avait jusqu'à 17 installations durant la Guerre froide. Selon lui, le Groenland doit être sécurisé pour empêcher une éventuelle domination chinoise ou russe dans cette région stratégique. Ce territoire constitue un passage direct entre les États-Unis et la Russie, et il abrite des ressources de terres rares pas encore exploitées.
D'après plusieurs articles récents, Washington envisage de créer trois nouvelles bases dans le sud du Groenland. La mise à jour d'un pacte de défense de 1951 donne aux États-Unis la possibilité d'augmenter leur présence militaire, après avoir informé le Danemark et le Groenland.
Trump a également été clair sur ses intentions, réaffirmant en janvier ses ambitions de contrôle sur le Groenland, ce qui a conduit à la mise en place d'un groupe de travail américano-danois-groenlandais pour aborder ces préoccupations.
Perspectives d'indépendance et réactions locales
Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a réagi aux propos de Landry, déclarant que bien que l'envie de sécuriser le territoire soit "totalement irrespectueuse", il reste essentiel de trouver un dialogue constructif. Il a rencontré Landry en marge d'un forum économique, insistant sur la nécessité de respecter le droit du Groenland à décider de son avenir.
La majorité des Groenlandais semblent soutenir l'idée d'une indépendance vis-à-vis de leur ancien colonisateur, mais le gouvernement local admet qu'aucun projet concret n'est en cours à ce sujet, en raison des défis économiques persistants.
Landry a suggéré que des opportunités existent pour aider les Groenlandais à atteindre cette indépendance, laissant entendre qu'une transition vers un avenir autonome pourrait être possible si les conditions sont réunies.







