La distillerie UCVA à Coutras se démarque en recyclant des sous-produits viticoles en biocarburant. Avec un panache de vapeur visible à des kilomètres, cette distillerie joue un rôle essentiel dans la valorisation du marc de raisin, une opération applaudie par les viticulteurs de la région.
Rémi Géromin, directeur de l'UCVA, indique que chaque année, jusqu'à 138 000 tonnes de marc, soit tous les résidus issus du pressurage des raisins, sont traitées dans cette installation. "Rien ne se perd, tout se transforme", souligne-t-il. Avant d'être distillé, le marc est soigneusement conservé dans des bâtiments adaptés pendant sept mois.
Avec environ 5 000 à 6 000 viticulteurs fournissant leur production à l'UCVA, Jacques Rabanier, président de la distillerie et vigneron à Abzac, explique que cette approche permet de valoriser environ 20 % de chaque récolte. Si la majorité du raisin est utilisée pour vinifier, le reste est réutilisé dans un but écologique.
Les résidus de raisin sont ensuite transformés en bioéthanol, distribué par Résinor France. Son directeur, Jérôme Budua, explique que ce biocarburant est désormais utilisé par 100 véhicules français, y compris des camions et des bus. "Nous fournissons un carburant sans énergie fossile, et le prix attractif de 0,85 € à 1 € le litre attire de nombreux utilisateurs", affirme-t-il.
Budua ajoute : "C'est une solution locale, sans dépendance à l'égard d'autres pays. Nous produisons sur le territoire avec nos propres ressources." Ce commentaire souligne l'importance croissante de solutions durables dans le domaine des transports.
En plus du bioéthanol, la distillerie produit également des eaux-de-vie et de la pulpe de raisin destinée à l'alimentation animale. Avec une telle diversité de valorisations, Rémi Géromin résume la philosophie de l'UCVA avec humour : "Dans le marc de raisin, c'est comme dans le cochon, tout est bon !"







