Une multitude de croyants a afflué ce mardi 26 mai sur le mont Arafat, marquant la phase emblématique du grand pèlerinage de La Mecque, malgré la chaleur intense du désert qui pousse chacun à réaliser un rêve de vie.
Dès l'aube, les fidèles se sont regroupés autour de la colline de 70 mètres de haut, à environ 20 kilomètres de La Mecque, pour réciter le Coran, un lieu symbolique où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Ces rassemblements représentent non seulement un acte de foi, mais aussi un défi physique.
La chaleur écrasante a poussé de nombreux bénévoles à distribuer de l'eau, des parasols et des collations aux pèlerins, tandis que des hélicoptères patrouillaient la zone pour assurer la sécurité des fidèles.
Une tradition sous un ciel tendu
"C'est un sentiment indescriptible", partage Ahmed Abou al-Ezz, un ingénieur égyptien de 35 ans, qui participe pour la première fois. "Être ici sur ce sol saint, c'est magique." Plus de 1,5 million de personnes sont présentes cette année, malgré le climat de tension au Moyen-Orient, notamment depuis l'escalade des violences après l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.
Bien que les tensions géopolitiques aient réduit le nombre de pèlerins iraniens à environ 30 000, bien en dessous des 86 000 initialement prévus, les autorités saoudiennes signalent un afflux de fidèles étrangers supérieur à l'année précédente.
Karim Hazem, un pèlerin tunisien de 40 ans, souligne l'importance de ce moment : "Cet endroit rappelle à tous que nous sommes unis dans notre foi, malgré nos différences." Le hajj, l'un des cinq piliers de l'islam, est une obligation pour tout musulman qui en a les moyens, consistant en une série de rites sur plusieurs jours.
Des défis climatiques à relever
Les températures frôlant les 44 degrés Celsius ont incité les responsables saoudiens à alerter les pèlerins sur la nécessité de rester hydratés et de se protéger des rayons du soleil, soulignant un besoin accru face aux vagues de chaleur exacerbées par le changement climatique.
Le port de chapeaux étant interdit pour les hommes pendant le hajj, de nombreux pèlerins ont recours à des parasols, une scène à la fois touchante et préoccupante. Après les tragédies des années précédentes où plus de 1 300 fidèles ont perdu la vie en raison de la chaleur, les autorités ont mis en place des mesures de sécurité, y compris des zones ombragées.
Plus de 50 000 agents de santé et 3 000 ambulances ont été déployés pour garantir la sécurité et le bien-être de chaque pèlerin, comme l'a précisé le ministère de la Santé saoudien.
Après leur prière sur le mont Arafat, les pèlerins se dirigeront vers Muzdalifah, où ils collecteront des pierres pour le rituel de la "lapidation du diable" prévu le lendemain.
L'Arabie saoudite, centre névralgique des sanctuaires islamique, génère des milliards de dollars chaque année grâce aux pèlerinages, illustrant l'importance économique et spirituelle de cet événement pour le monde musulman.







