Dans un entretien au podcast "Dans les yeux d'Agathe", la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, évoque le douloureux épisode de la dissolution de l'Assemblée nationale, une décision prise par Emmanuel Macron le 9 juin 2024. Pour elle, cet événement demeure un mystère. En effet, lors de l'annonce, elle constate que Macron a déjà pris sa décision en amont sans l’inclure dans le processus, laissant les membres de la majorité sous le choc.
"Ce que je crois déceler, c'est que la décision était prise avant même les résultats [des élections européennes]" explique-t-elle. Loin d'être impulsive, cette décision aurait été mûrie, ce qui a profondément blessé la présidente. Elle souligne que Macron, bien que conscient des protocoles, l'a principalement informée sans véritable consultation, comme l'exige la Constitution. Ce moment de communication, qu'elle décrit comme plus informatif que consultatif, laisse entendre un manque de considération pour son rôle.
Braun-Pivet se souvient d'une réunion à l'Élysée où elle a tenté de persuader Macron de changer d'avis. Elle propose à la place de construire une coalition avec Les Républicains durant l'été, avant d’organiser de nouvelles élections. Malheureusement, ses arguments ne trouvent pas écho. "Il était très sûr de lui", confie-t-elle, ajoutant que sa position lui permettait de lui exprimer toutes ses réflexions avant l’annonce publique.
Cette dissolution est d'autant plus douloureuse pour Braun-Pivet qu'elle ressent une grande dévalorisation de son rôle. "Ce qui m’a le plus heurté, c’est de ne pas avoir été intégrée dans le processus décisionnel. C'est très blessant", affirme-t-elle. Se lançant en politique en 2017 au sein d'En Marche, elle a gravi les échelons pour devenir présidente de l'Assemblée nationale en 2022. Pourtant, même après deux ans à ce poste, elle se sent toujours comme une quantité négligeable au sein de sa propre majorité.
La dissolution a également laissé un goût amer parmi les autres membres de la majorité. Braun-Pivet souligne que de nombreux élus ont éprouvé un sentiment de trahison, tandis que d'autres ont ressenti du mépris pour leur chef. "Vous faire jeter comme ça en une seconde, c'est très violent par rapport aux sacrifices que demande la politique", conclut-elle, entrainant une profonde réflexion sur la confiance et la communication au sein des couloirs du pouvoir.







