Les autorités libanaises ont exprimé leur inquiétude jeudi concernant les frappes israéliennes qui ont touché des sites historiques et des monuments classés par l'Unesco, notamment dans le sud du pays.
Le ministre de la Culture, Ghassan Salamé, a intensifié ses échanges avec ses homologues internationaux et des organisations spécialisées pour sensibiliser à la destruction subie par ces précieux héritages, selon l'Agence nationale d'information libanaise (Ani).
M. Salamé a mentionné spécifiquement la ville antique de Tyr et le château de Beaufort, situé dans le district de Nabatiyé. Il a souligné que « de nombreux sites bénéficient d'une protection accrue de l'Unesco, il est donc crucial de les préserver des attaques aériennes et des frappes d'artillerie israéliennes ».
Le Premier ministre Nawaf Salam a publié un message sur X pour dénoncer ces frappes, déclarant qu'« aucune justification ne saurait soutenir les attaques continuelles contre Tyr et Nabatiyé, ni la destruction de leurs monuments historiques ».
L'armée israélienne a intensifié ses bombardements récents sur la ville côtière de Tyr. Jeudi, elle a annoncé qu'elle ciblerait un bâtiment près de la zone archéologique de la ville, provoquant des explosions visibles à proximité.
Des images diffusées par l'AFP ont montré une boule de feu s'élevant dans le ciel peu après cet avertissement, tandis qu'une autre explosion a été enregistrée au voisinage du château de Beaufort, une forteresse historique datant des Croisades.
La municipalité d'Arnoun, qui abrite ce château, a fermement dénoncé les attaques sur Facebook, imputant les destructions aux bombardements israéliens. Elle a également appelé à une protection immédiate de ces sites menacés.
Il est à noter qu'au cours de l'occupation israélienne du sud du Liban, qui a perduré jusqu'en 2000, le château de Beaufort a servi de base militaire. Lors d'un conflit antérieur entre Israël et le Hezbollah en novembre 2024, l'Unesco avait accordé une « protection renforcée provisoire » à 34 sites patrimoniaux au Liban, incluant Tyr et le château de Beaufort.
En avril dernier, 39 autres sites libanais ont également été ajoutés à cette liste de protection, témoignant de la richesse culturelle du pays menacée par les hostilités.







