«Le jour le plus difficile de ma vie a été celui de mon agression», confie Haruka, une victime de viol qui a décidé de poursuivre en justice l'État japonais. Elle accuse le procureur de sa plainte d’avoir négligé son témoignage, allant même jusqu'à l'insulter durant l’interrogatoire. La plaignante réclame 5 millions de yens (environ 27 000 euros) de dommages et intérêts, expliquant que ses troubles psychologiques se sont aggravés après avoir subi des reproches selon lesquels elle aurait menti sur les faits.
Dans sa plainte, Haruka raconte que le procureur lui aurait déclaré que l'agression n'était que de l’ordre de «l'acte avec un doigt et dans la bouche», remettant en question l’impact de cet acte sur elle. «N'est-ce pas une fausse déclaration de qualifier cela de rapport sexuel ?» lui aurait-il demandé, selon ses propos rapportés par plusieurs médias japonais, dont Le Figaro. Cette humiliation a intensifié son vécu traumatique, ravivant des souvenirs douloureux.
Lors d'une conférence de presse, Haruka a exprimé son désespoir profond : «J’ai ressenti le même niveau de désespoir lorsque j’ai été interrogée par le procureur.» Son avocate, Yuko Sakurai, a de son côté signalé le comportement inacceptable du procureur au bureau du procureur général en 2023, demandant son remplacement, mais le dossier a été clos sans suite. Haruka n'a pas eu la possibilité d'enregistrer l'audition ou d'être accompagnée de son avocate, une condition qui soulève des questions sur l’équité et la transparence du système judiciaire japonais.
Sakurai a également averti que la négligence dans la gestion de telles affaires pourrait mener à des erreurs judiciaires, mettant en péril la sécurité de la population. Elle a déclaré : «Cela ne devrait jamais pouvoir arriver.» Le manque de plaintes déposées par les victimes de viol au Japon, malgré la montée des conseils offerts par des centres d'aide, est alarmant. La vie privée de Haruka est protégée, ce qui explique que les détails de son affaire n'aient pas été divulgués. Selon Jiji, le parquet de Tokyo n'a pas souhaité commenter le cas. L’AFP n’a pas réussi à obtenir de réponse de leur part.







