Le Premier ministre hongrois Peter Magyar a fait son retour à Bruxelles ce vendredi, animé par une volonté de récupérer plusieurs milliards d'euros des fonds européens qui demeurent gelés en raison des politiques de son prédécesseur, Viktor Orban.
Cependant, la Commission européenne a réagi en soulignant que les discussions pour le déblocage de ces fonds n’en sont qu’à leurs débuts, comme l’a indiqué Paula Pinho, porte-parole de l'exécutif européen.
La victoire de Peter Magyar aux élections hongroises de mi-avril a suscité un immense soulagement au sein des institutions européennes, qui ont dû composer pendant 16 ans avec Orban, souvent perçu comme un allié dangereux de Vladimir Poutine et Donald Trump. Celui-ci bloquait de nombreux dossiers cruciaux, dont celui lié à l'Ukraine.
À peine élu, le quadragénaire a été accueilli chaleureusement par les dirigeants européens, qui voient en lui l’opportunité d’un “nouvel élan” pour l’Europe. Cependant, la question demeure : ce climat de sympathie pourra-t-il perdurer?
Il est indéniable que Budapest et Bruxelles affichent désormais davantage de points de convergence qu’auparavant, mais des sujets restent encore à éclaircir.
- "Les négociations les plus importantes" -
Le dossier phare concerne les 18 milliards d'euros destinés à la Hongrie, qui sont actuellement bloqués par l’Union européenne. Ces fonds ont été gelés suite aux différentes procédures lancées contre les politiques d'Orban, touchant notamment les droits des personnes LGBT+, des demandeurs d’asile et des préoccupations relatives aux conflits d’intérêts.
Peter Magyar est déterminé à récupérer ces sommes rapidement et espère parvenir à un accord politique dès ce vendredi lors de sa rencontre avec Ursula von der Leyen, présidente de la Commission. Sa priorité est de débloquer une enveloppe de 10 milliards d'euros qui risque de rester figée si aucun accord n’est trouvé d’ici la fin août.
Cependant, l’UE demande des garanties concrètes de la part de Budapest avant de procéder à tout déblocage. Les enjeux des discussions de ce jour sont donc cruciaux.
"Ce seront les négociations les plus importantes de ces dernières années", a prédit Peter Magyar dans un post sur les réseaux sociaux la veille de son rendez-vous à Bruxelles.
Dans un cas similaire, l'Union européenne avait débloqué des fonds destinés à la Pologne dès que le gouvernement pro-européen de Donald Tusk, en 2024, avait donné des gages.
Peter Magyar, dont le parti dispose d'une solide majorité au Parlement, a amorcé quelques réformes. Récemment, son groupe a voté l’abandon d’un projet d’Orban visant à sortir la Hongrie de la Cour pénale internationale (CPI).
Il a également annoncé, depuis Bruxelles, son intention de faire part officiellement à la présidente de la Commission européenne de l'envie de la Hongrie d'adhérer au Parquet européen.
Durant son séjour à Bruxelles, Peter Magyar a également rencontré des figures de premier plan telles que le chef de l’Otan, Mark Rutte, ainsi que le Premier ministre belge, Bart De Wever.







