Xenia Fedorova, figure marquante du discours russe en France, fait actuellement les gros titres. L'ex-directrice de RT France, désormais omniprésente dans le paysage médiatique du groupe Bolloré, s'est retrouvée sous les projecteurs après un déjeuner polémique avec la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard.
Ce repas, qui a eu lieu le 21 mai 2026, a soulevé des inquiétudes au sein du gouvernement, en particulier auprès de Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement, qui a exprimé son désarroi face à cette rencontre. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a tenté de minimiser l'incident en déclarant que Genevard n'était pas au courant de la présence de Fedorova, tout en s'opposant à la polémique autour des activités des membres du gouvernement.
Cependant, la situation ne semble pas s'apaiser. Xenia Fedorova, 45 ans, est une ancienne patronne de RT France, une chaîne de télévision d'État russe, qui a été mise hors d'état de nuire en Europe depuis 2022 suite à l'invasion de l'Ukraine. Significativement, elle évite de qualifier cette invasion de guerre, préférant le terme d'« opération spéciale », une terminologie cruellement utilisée dans ses interventions sur CNews, où elle diffuse le narratif du Kremlin.
Dans ses apparitions, elle exprime sa surprise quant à l'engagement de l'Europe dans le conflit ukrainien, affirmant que ce dernier a poussé l'Ukraine à tester les capacités de l'OTAN. Ces déclarations, rapportées par divers médias, mettent en lumière ses positions pro-Kremlin et soulèvent des questions sur l'impact de son discours sur le public français.
La nouvelle coqueluche du groupe Bolloré ?
Recrutée en 2017 pour établir Russia Today en France, Fedorova a depuis subi la fermeture de la chaîne. Elle parle de censure tout en bénéficiant d'un accès accru aux médias français, allant même jusqu'à publier un ouvrage avec Fayard et intervenir régulièrement sur CNews, ce qui intensifie son influence au sein du groupe Bolloré.
Les analystes s'interrogent sur sa capacité à influencer les journalistes, car Fedorova aurait la possibilité de faire changer de cap les rédactions selon ses préférences. Selon Le Monde, elle exerce une pression significative sur les opinions en critiquant systématiquement l'Union européenne tout en répliquant les arguments du Kremlin. Elle a ainsi déclaré que l'UE, en rompant le dialogue avec la Russie, se trouve dans une situation difficile et coûteuse.
Ce climat d'incertitude ne s'arrête pas là. L'Arcom a été sollicité à plusieurs reprises pour examiner son rôle médiatique, alors qu'Edouard Philippe a directement interpellé le gouvernement sur la présence de Fedorova en France où elle exprime des critiques envers la politique gouvernementale, suscitant des tensions et des interrogations sur la liberté d'expression et son impact sur les relations internationales.







