Cachée jusqu’à la Libération par une famille de Vendôme, cette passeuse de la mémoire de la Shoah s’est éteinte vendredi 12 juin 2026, selon la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Arlette Testyler, présidente de l’Union des déportés d’Auschwitz, a perdu la vie à 93 ans. Reconnu comme une porte-parole essentielle, elle a su faire vivre la mémoire de ceux qui ont souffert durant la Shoah à travers ses interventions dans des établissements scolaires, lieux de mémoire, et cérémonies commémoratives.
Née à Paris en 1933, Arlette Testyler a connu l'enfer de la rafle du Vel d'Hiv. Elle a été arrêtée avec sa mère et sa sœur le 16 juillet 1942, puis conduite au Vélodrome d'Hiver avant d'être transférée au camp de Beaune-la-Rolande, d'où elles parviennent à s'évader. Cachées par Jeanne et Jean Philippeau, reconnus Justes parmi les Nations, elles ont survécu jusqu'à la Libération.
« La mémoire est une ligne de résistance »
« Je veux appeler l’Histoire pour repousser l’ombre froide de l’oubli et de l’ignorance », avait-elle exprimé lors de la reconnaissance de ses bienfaiteurs en 2025. « Désormais, la mémoire est une ligne de résistance », déclarait-elle, alertant sur la montée de l'antisémitisme en Europe.
« Avec Arlette, nous perdons une voix remarquable de notre mémoire collective », a réagi Ariel Goldman, président du Fonds social juif unifié. « Toute sa vie, elle a dédié ses efforts à témoigner de l'indicible et à exiger du souvenir pour les générations futures », a-t-il ajouté, soulignant son impact durable sur la mémoire collective.







