Un vol transportant des migrants iraniens, afghans, turcs et géorgiens, chassés de leur pays d'accueil, a atterri cette nuit à Bangui, la capitale de la Centrafrique. Cette opération fait partie d'un plan controversé d'expulsions vers des «pays tiers» instauré sous la présidence de Donald Trump. Selon Alma David, avocate spécialisée en immigration, la situation soulève de vives inquiétudes.
Ces expulsions, qui sont devenues une pierre angulaire de la politique anti-immigration de l’ex-président américain, sont actuellement contestées devant les tribunaux. Le département d’État américain déconseille formellement les voyages en Centrafrique, un pays marqué par l’instabilité et les conflits. Dans ce contexte délicat, les migrants expulsés sont renvoyés dans une situation incertaine.
Malgré le statut de «suspension d’expulsion» accordé à certains Iraniens, leur avocate Emily Trostle exprime ses craintes quant au sort qui les attend. «Nous avons peur qu'ils soient contraints de retourner dans des pays dangereux», explique-t-elle à l'AFP. Des précédents montrent que d'autres expulsés ont été renvoyés sous des conditions périlleuses.
Le vol en question a décollé d'Alexandria, en Louisiane, et a fait une escale au Ghana, un autre point de transit des expulsions américaines. Ce dernier a fait état d'un trafic prévu vers la République centrafricaine, sans clarifier si certains passagers y avaient été débarqués. Les bénéficiaires de cette expulsion comprennent des personnes ayant fui des régimes oppressifs, ajoutant une couche de complexité à cette situation déjà difficile.
D’après des sources, l'administration américaine continue d'élargir le spectre des expulsions, touchant même ceux bénéficiant de protections légales. Les conditions de détention ont été décrites comme abusives, avec de nombreux témoignages concernant le traitement inhumain réservé aux migrants dans les installations américaines.
Dans un contexte où la loi sur l'immigration est déjà objet de nombreuses polémiques, Paul Crescent Beninga, universitaire centrafricain, parle de la nécessité de la transparence. «Le gouvernement ne communique pas clairement sur ces expulsions», déclare-t-il. Les spéculations demeurent sur le statut juridique de ces migrants une fois en Centrafrique, un pays où ils n'ont ni attaches, ni environnement de soutien.
Les autorités centrafricaines n'ont pas encore porté de commentaires sur cette situation alarmante, tandis qu'une plainte a été déposée auprès de la Commission africaine des droits de l’homme pour suspendre ces pratiques d’expulsions.







