Les travailleurs portugais en grève : défendent le Code du Travail face à une menace gouvernementale

Mobilisation massive contre les projets de loi menaçant les droits des travailleurs au Portugal.
Les travailleurs portugais en grève : défendent le Code du Travail face à une menace gouvernementale
Les syndicats portugais dénoncent les réformes du travail proposées par le gouvernement et réclament de meilleures conditions de travail, des salaires plus élevés et de meilleurs services publics. © Diogo Baptista / SOPA Images / Imago

Le 3 juin, le Portugal a vécu une journée de mobilisation intense avec une grève générale orchestrée par la CGTP. Les travailleurs ont exprimé leur forte opposition aux révisions menées par le gouvernement, jugées comme une attaque directe contre les droits du travail et les libertés syndicales.

En défiant la voix des travailleurs, le gouvernement de droite cherche à adopter un projet de loi visant à affaiblir les acquis sociaux, soutenu par le parti d'extrême droite Chega. Ce texte pourrait entraîner la modification de cent articles du Code du travail, permettant la mise en place de semaines de travail de 50 heures sans compensation supplémentaire, au lieu des 40 heures actuelles. De plus, les licenciements seraient facilités et la sous-traitance à bas coût deviendrait la norme.

Tiago Oliveira, le secrétaire général de la CGTP, a dénoncé ce projet, affirmant qu'il « constitue une menace majeure non seulement pour l'avenir des jeunes travailleurs mais aussi pour notre présent » source.

Un détricotage en règle des acquis sociaux

Les mesures proposées favorisent essentiellement les grandes entreprises et « fragilisent le travailleur avant même son embauche, pendant l'exécution de son travail et même à la fin de celui-ci », déplore le syndicat dans un communiqué. La CGTP critique également la remise en question du droit de grève par l'introduction d'un service minimum et des limitations aux négociations collectives et à la liberté syndicale.

La grève a eu des répercussions considérables, paralysant les écoles, les hôpitaux et le secteur des transports. La CGTP a également mis en lumière un point préoccupant : « la possibilité d’imposer aux travailleurs ayant des enfants de moins de 12 ans, un handicap ou une maladie chronique, l’obligation de travailler la nuit, le week-end ou les jours fériés ».

Le Premier ministre Luís Montenegro a semblé minimiser la portée de cette mobilisation, affirmant que « l’écrasante majorité des Portugais » se rendrait au travail le jour de la grève générale, soulignant ainsi « le droit de travailler ».

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