Alors que les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran semblent avancer vers un éventuel accord de paix, des désaccords persistent quant à son contenu. Dans un contexte d'optimisme de la part du Pakistan, qui agit en tant que médiateur, les tensions diplomatiques et les interprétations divergentes de chaque côté compliquent la situation. Malgré cela, des signaux jugés encourageants apparaissent.
« La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui », déclare Shehbaz Sharif, Premier ministre pakistanais. Les discussions entre Téhéran et Washington soulèvent l'espoir d'un accord, bien que la répétition par Donald Trump d’annonces d'accords imminents ait semé le doute quant à la fiabilité de ces promesses. CNN relève que Trump a déjà évoqué 39 fois un accord potentiel au cours des dernières années.
Du côté américain, un responsable a évalué à 80-85% la probabilité d’un accord-cadre facilitant une période de discussions techniques de 60 jours, tout en demeurant prudent quant à un accord définitif. RTL souligne que les versions du projet varient grandement entre les deux nations.
Des divergences sur le détroit d'Ormuz et l'uranium
L'agence de presse iranienne Mehr a récemment publié une ébauche de protocole en 14 points, qui mentionne, entre autres, le contrôle continu du détroit d'Ormuz, la levée du blocus américain et le dégel de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens à l'étranger. Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a également fait état de l’importance de réduire les stocks d'uranium enrichi à 60%, dilution qui empêcherait des enrichissements militaires dangereux, même si Téhéran affirme ne pas chercher à développer une arme nucléaire.
À l'inverse, Washington avance une version totalement distincte du contenu du texte. Les États-Unis envisagent un compromis qui permettrait la réouverture d'Ormuz, crucial pour le commerce mondial, tout en exigeant la mise à plat du programme nucléaire iranien. JD Vance, vice-président américain, a explicité : « Les Iraniens ne recevront pas d'argent simplement avec une signature. » Ce dernier point demeure central pour le gouvernement iranien, dont l’économie souffre de sanctions prolongées.
Un autre contentieux réside dans le rôle du Liban dans cet accord. Tandis que Téhéran réclame une inclusion de ce dossier, Washington a historiquement préféré le traiter séparément. D’après Mehr, l'Iran considère les deux questions comme indissociables.
Une signature en Suisse ?
La Suisse s'est proposée pour accueillir une éventuelle signature de l'accord, prévue lors d’un sommet du G7 à Évian, en France. Le Département fédéral des affaires étrangères a indiqué son rôle actif en tant que facilitateur pour un mémorandum d'accord visant une désescalade du conflit. Toutefois, Téhéran a signifié que la signature se ferait « à distance » une fois le protocole finalisé. Des discussions indirectes entre les deux pays avaient déjà eu lieu à Genève, quelques jours avant des frappes militaires américaines.







