Dans une opération audacieuse, les forces britanniques ont stoppé, dimanche dernier, un pétrolier appartenant à la flotte fantôme russe dans la Manche, comme l’a annoncé le ministère de la Défense britannique. Cette intervention, sans précédent, a mobilisé des moyens aériens et maritimes, tels que des hélicoptères Chinook et la frégate HMS Sutherland, et a duré six heures.
Le navire, identifié sous le nom de SMYRTOS, a été arraisonné par des commandos des Royal Marines, et ce, en étroite collaboration avec les autorités françaises pour éviter toute fuite potentielle des ressources destinées au régime russe. "Nous avons agi pour contrer les efforts de la Russie de contourner les sanctions qui se concentrent sur le financement de sa guerre en Ukraine", a indiqué un communiqué officiel du ministère.
La réaction de l'Ukraine a été positive. Andriï Sybiga, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, a salué cette interception, affirmant que chaque navire arrêté signifie un affaiblissement des ressources financières à la disposition du Kremlin.
"Réduire ces flux de capitaux impacte directement leur capacité à mener des attaques contre nos villes", a-t-il ajouté sur le réseau social X.
S’attaquer directement aux ressources
Le ministre britannique de la Défense, Dan Jarvis, a précisé que cette interception visait à perturber le financement des hostilités de la Russie. "Nous nous engageons à détruire les réseaux qui alimentent la guerre illégale de Poutine. L’opération a été menée en coordination avec nos alliés", a-t-il déclaré.
Le navire intercepté sera placé sous surveillance sur la côte sud de l'Angleterre et une procédure de transfert est attendue. Ce coup portera un impact significatif sur les activités de la flotte fantôme russe, largement exploitée pour contourner les embargos imposés par l’Occident depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Contourner les embargos occidentaux
À ce jour, le gouvernement britannique a sanctionné plusieurs centaines de navires suspectés de faire partie de cette flotte, qui consiste souvent en vieux pétroliers difficiles à tracer. Ces vaisseaux sont, en outre, accusés d’avoir endommagé des câbles sous-marins dans la mer Baltique, une révélation qui alimente les craintes concernant la sécurité maritime dans la région.
Récemment, d'autres pays tels que la France, la Belgique et la Finlande ont également pris des mesures similaires pour intercepter des navires soupçonnés d’appartenir à cette flotte de contournement des sanctions.
La Russie intensifie sa « guerre hybride »
Depuis marzo, le gouvernement britannique a étendu ses pouvoirs pour autoriser la saisie des navires de la flotte fantôme traversant ses eaux. Cette décision fait suite à une modification des restrictions américaines sur le pétrole russe afin de lutter contre la flambée des prix causée par les tensions géopolitiques, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient.
Des analystes militaires et des dirigeants européens mettent en avant l'augmentation de la "guerre hybride" de la Russie, particulièrement dans la Baltique, une mer désormais majoritairement entourée de pays membres de l'OTAN. Cette situation nécessite une vigilance accrue pour protéger les infrastructures essentielles.







