L'essentiel : Le détroit d'Ormuz devrait, selon les prévisions, rouvrir ce vendredi 19 juin. Cependant, pour que le trafic maritime reprenne son rythme habituel, il faudra probablement plusieurs mois.
Pour Donald Trump, il n'y a pas de doutes : le détroit d'Ormuz sera entièrement "ouvert" ce vendredi, coïncidant avec un accord entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Le milliardaire américain, connu pour son optimisme, affirme même que des navires ont déjà commencé à quitter la zone dès le lundi 15 juin, une information corroborée par certains médias iraniens qui ont mentionné trois pétroliers et deux cargos.
Un long processus de rétablissement de la confiance
Cependant, la réalité est bien différente. Cette première étape, bien que significative, reste anecdotique face aux 220 pétroliers et 500 navires actuellement immobilisés dans le golfe Persique, selon des données recueillies par Kpler, une société spécialisée dans le suivi maritime, rapportées par CNN.
La simple annonce de la réouverture du détroit ne garantira pas un retour rapide à la normale pour le trafic, mais représente plutôt le début d’un "long processus de rétablissement de la confiance", selon Richard Meade, expert maritime chez Lloyd's List Intelligence.
Après 108 jours de conflit, de nombreux armateurs choisiront d'attendre pour observer si d'autres navires peuvent traverser sans incident avant de risquer leurs propres cargaisons. "Les annonces des États-Unis et de l'Iran manquent de précision sur des éléments cruciaux comme le calendrier et les routes sûres", précise Jakob Larsen, directeur de la sécurité chez Bimco, une association représentant 2 100 membres du secteur maritime. "Nous considérons toujours que le risque est élevé pour les navires de commencer leurs traversées à ce stade."
Une des principales inquiétudes réside dans la présence éventuelle de mines maritimes. Le 2 juin dernier, le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait mentionné que l'Iran avait miné de larges portions du détroit. Face à cette menace, la France et le Royaume-Uni ont proposé aux États-Unis de déployer une force multinationale pour déminer et sécuriser la zone.
Donald Trump, lors d'une réunion au G7 à Évian, a estimé qu'il ne serait pas nécessaire d'avoir beaucoup d'aide, tout en suggérant la présence d'un ou deux navires de certains pays, dont la France, pour renforcer la sécurité.
Péage ou gratuité ?
Un autre sujet de débat reste l'éventualité de l'instauration d'un péage par Téhéran, présenté comme un "frais de service" pour tout navire transitant par le détroit. Alors que Trump soutient que la réouverture se fera "sans droit de passage", l'agence iranienne Fars annonce que la gratuité ne serait que temporaire, indiquant que les États-Unis ont accepté en principe de payer une redevance, avec seulement une réduction de 60 jours accordée par l'Iran.
Selon plusieurs experts du secteur, il faudra plusieurs mois avant que le détroit d'Ormuz puisse retrouver un niveau d'activité significatif, avec le cabinet Eurasia Group estimant qu’il pourrait falloir plusieurs semaines pour atteindre seulement 30 à 40 % du trafic d'avant-guerre.







