Le multimillionnaire d'extrême droite Abelardo de la Espriella, âgé de 47 ans, semble sur le point de remporter les élections présidentielles colombiennes. Avec son allure virile, son ultralibéralisme et sa proximité avec Donald Trump, cet avocat promet de revenir sur les acquis des gouvernements de gauche, tout en amorçant un rapprochement renforcé avec les États-Unis.
Après les victoires de l'extrême droite en Argentine et au Chili, la Colombie fait face à un changement similaire avec la probable élection d'Abelardo de la Espriella. Connu pour son absence d'expérience politique, il a construit sa campagne sur des promesses fortes : « étriper la gauche » et « faire voler en éclats l’accord de paix » signé avec les Farc. Lors d'un rassemblement à Barranquilla, il a déclaré devant ses supporters : « Je serai le président de tous les Colombiens. » Son approche semble inspirée par les présidents populistes de la région, tels que Javier Milei en Argentine et Nayib Bukele au Salvador.
Une société divisée
Au-delà des résultats électoraux, la polarisation de la société colombienne est palpable. Le taux de participation a atteint un seuil record de plus de 64%. Le député Gabriel Becerra Yañez, membre de la campagne de Ivan Cepeda, a souligné : « Nous faisons face à un projet de mort, de retour au néolibéralisme », en opposition à l'initiative d'une société plus équitable et solidaire. Des manifestations dans des villes comme Cali et Bogota témoignent de cette révolte contre le spectre de l'extrême droite qui s'annonce.
Le candidat de gauche, Ivan Cepeda, attend toujours le résultat officiel après avoir rapporté de possibles irrégularités dans 33 000 bureaux de vote. Il a promis de reconnaître le résultat officiel uniquement après un audit complet.
Si la victoire d'Abelardo est confirmée, cela marquera la fin d'une parenthèse historique débutée par Gustavo Petro, le premier président de gauche du pays. Malgré un bilan jugé positif, Petro n’a pas réussi à maintenir la gauche au pouvoir, laissant place à une présidence qui pourrait faire entrer la Colombie dans une « nouvelle ère », comme l’affirme son prédécesseur.
Vers une nouvelle diplomatie
Dans ses premières annonces, Abelardo de la Espriella a insisté sur la nécessité de renouer des liens étroits avec les États-Unis, provoquant des applaudissements de l'administration de Trump. En effet, Marco Rubio a déjà salué son élection. Le dirigeant américain, ayant joué un rôle actif pendant la campagne, préconise une stratégie de sécurité qui favorise des gouvernements coopératifs.
En ce sens, Abelardo compte établir une alliance solide avec des pays comme Israël tout en se distanciant de la Chine. Gabriel Becerra Yañez a mis en garde contre « la politique interventionniste de Trump », qui pourrait avoir de graves conséquences pour la souveraineté des États sud-américains, marquant ainsi une époque sombre dans laquelle les intérêts américains pourraient redéfinir le continent.







