Lors de l’élection présidentielle péruvienne qui s'est tenue le 7 juin, Keiko Fujimori triomphe face à son adversaire de gauche Roberto Sanchez. Les résultats préliminaires annoncent qu'elle a obtenu 50,12 % des suffrages, marquant un tournant important dans une élection déjà très disputée.
Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, a pris une avance significative, dépassant son rival de plus de 43 000 voix, alors que 99,86 % des bulletins étaient dépouillés, selon l’Office national des processus électoraux (ONPE). Plus de 19 millions de votes ont été comptabilisés jusqu'à présent, et il reste 131 procès-verbaux à analyser, une quantité insuffisante pour permettre à Sanchez de renverser la tendance.
Un scrutin historique et disputé
Ce second tour a été décrit par de nombreux analystes comme l'un des plus serrés de l'histoire contemporaine de l'Amérique latine. Les deux candidats ont tour à tour occupé la scène jusqu’à ce que Fujimori prenne un léger avantage. De son côté, Roberto Sanchez a exprimé des doutes quant à la légitimité de l’élection, s'inquiétant des irrégularités signalées, surtout concernant le vote à l’étranger qui lui aurait été défavorable.
« Je ne reconnaîtrai pas un gouvernement de Fujimori », a-t-il déclaré, évoquant des défaillances administratives qui, selon lui, ont eu des répercussions sur les résultats, notamment pour les 300 000 votes émis hors du pays. Il estime que sans ces voix, il aurait été en avance de 25 000 voix.
Le parti de Fujimori, Fuerza Popular, a promis de patienter jusqu'à la fin du dépouillement avant de proclamer sa victoire. Une mission d’observation de l’Union européenne a pour sa part salué la conduite globalement « calme et ordonnée » de ce scrutin, malgré la tension politique palpable.
Ce second tour était particulièrement attendu dans un contexte d'instabilité politique aiguë au Pérou, où la succession de présidents ces dernières années a jeté une ombre sur le paysage démocratique du pays. Depuis 2016, huit dirigeants ont occupé le bureau présidentiel, souvent en raison de crises institutionnelles chroniques. Avec la victoire de Fujimori, de nouveaux enjeux politiques se dessinent, tant pour elle que pour ses rivaux.







