Le Venezuela est plongé dans l'angoisse après les deux puissants séismes qui ont frappé le pays, laissant derrière eux une traînée de destruction et d'incertitudes. À peine 72 heures après cette catastrophe, le bilan tragique s'élève à 1.430 morts et plus de 50.000 personnes portées disparues, alors que la mobilisation des équipes de secours se renforce.
Un secouriste salvadorien, présent à Playa Grande, a partagé avec son équipe l'espoir de trouver encore des vies au milieu du chaos. "En principe, les corps sont désormais sans vie, mais grâce à Dieu, nous pouvons parfois trouver des survivants," a-t-il confié, illustrant ainsi la détermination de ceux qui s'engagent sur le terrain.
Un jeune garçon de 11 ans a récemment été sauvé des décombres à Caraballeda. "Chaque vie sauvée est un symbole d'espoir pour notre pays," a déclaré Delcy Rodriguez, présidente par intérim, en diffusant une vidéo d'un sauvetage sur les réseaux sociaux.
Les deux tremblements de terre, atteignant une magnitude de 7,2 et 7,5, ont provoqué des destructions massives, particulièrement à La Guaira, où des immeubles se sont effondrés.
Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a fait état de 3.238 blessés, tandis que le responsable de l'aide humanitaire des Nations Unies, Tom Fletcher, a averti que le nombre de disparus pourrait encore augmenter de façon inquiétante, qualifiant l'opération de secours de "très complexe".
Les témoignages de ceux qui ont perdu des proches relatent un climat de désespoir. Barbara Palacios, dont le mari se trouve toujours sous les décombres d'un petit hôtel, a exprimé sa détresse : "Oui, il est vivant, oui," a-t-elle déclaré, bien que les jours passent sans nouvelles.
Les secours semblent parfois débordés, et beaucoup de citoyens se mobilisent avec des outils rudimentaires pour tenter de sauver leurs concitoyens. Luis Flores, un commerçant, a raconté son expérience : "Nous avons extrait quatre survivants, dont une petite fille, mais aussi trois corps." Ce soutien populaire est d'autant plus crucial alors que le gouvernement est critiqué pour son absence sur le terrain.
A Caracas, un flot de volontaires se heurte à des règles administratives qui compliquent leur engagement. Carlos Itriago, un jeune secouriste, a partagé sa frustration : "Il faut un permis pour sauver des vies, vous imaginez ?" Ces difficultés se joignent aux défis logistiques auxquels font face les hôpitaux, débordés par les victimes.
Et tandis que l'aide internationale commence à se structurer, avec l'envoi d'équipes de recherches de 17 pays, la situation reste dramatique. Près de 250 secouristes américains sont déjà sur le terrain, renforçant les efforts de sauvetage.
Les Nations Unies estiment que près de sept millions de Vénézuéliens sont affectés par cette tragédie, avec des pertes matérielles s'élevant à près de sept milliards de dollars, ce qui représente 6 % du PIB du pays. La présidente Delcy Rodriguez a d'ailleurs été interpellée par des citoyens en colère, réclamant davantage de soutien lors de sa visite sur le terrain.
Cette catastrophe rappelle les risques sismiques du Venezuela, un pays qui, malgré son histoire sismique, n'avait pas enregistré de tremblements de terre majeurs depuis 1997. Plus de 300 répliques ont été signalées depuis le premier séisme, ajoutant à l'angoisse et l'incertitude de la population.







