Sous le zinc, la chaleur écrasante : comment Paris fait face à l'été remuant

À Paris, l'été rime avec chaleur intense. Les toits sous zinc deviennent-ils invivables ?
Sous le zinc, la chaleur écrasante : comment Paris fait face à l'été remuant
©JOEL SAGET, AFP - Les toits en zinc de Paris, le 26 juin 2026 lors d'un épisode de fortes chaleurs

À Paris, les températures estivales atteignent des sommets alarmants. Alors que les températures dépassent les 50°C prévues d'ici 2050, les habitations des derniers étages, souvent sous des toits en zinc, risquent de devenir de véritables fournaises. Dans un contexte où le patrimoine architectural est rigoureusement protégé, trouver des solutions pour rafraîchir ces espaces devient un enjeu crucial.

Ana Puhac Crouzet, résidente d’un appartement de 37 m² au cinquième étage d'un immeuble du XIXe siècle, met en œuvre des astuces comme des couvertures de survie aux fenêtres et des ventilateurs pour l’aération nocturne afin d’éviter que son logement ne se transforme en bouilloire.

"Lorsque nous avons acquis cet appartement, il était clairement inefficace sur le plan thermique. Bien que l'isolation des combles ait été bénéfique pour l'hiver, elle s'avère totalement inadaptée durant l'été", confie-t-elle, inquiète pour la santé de son futur enfant. La température du zinc, qui représente près de 80% des 128.000 toits parisiens, peut atteindre jusqu'à 80°C, d’après la Direction de l’environnement, de l’aménagement et des transports d’Île-de-France (Drieat).

Utilisé depuis les années 1850 pour aménager des logements sous les toits pour les domestiques des familles aisées, le zinc a transformé la capitale en un espace densément peuplé. Toutefois, l'ère actuelle voit un renversement, avec le réchauffement climatique créant des conditions de vie difficiles, en particulier pour les personnes âgées vivant aux derniers étages, comme l'a mis en évidence Karine Laaidi de Santé publique France lors d'un récent colloque.

Dès lors, la nécessité d'adapter cette "cinquième façade" devient pressante. Malheureusement, les options restent limitées dans une ville où 94% des bâtiments sont sous protection patrimoniale. Alexandre Florentin, ancien conseiller municipal et fondateur de "Le collectif du dernier étage", souligne la passion suscitée par ce débat : "C'est emblématique, ces lieux sont le décor de tant de films. Pourtant, ceux qui vivent sous les toits sont souvent ignorés dans ce discours. La stagnation ne peut plus être une option. Nous devons envisager des solutions qui adaptent l'esthétique sans dénaturer l'architecture".

Une des solutions préconisées est la technique du "sarking", qui consiste à élever le toit, en ajoutant une couche d'isolant entre la couverture et le zinc existant, tout en préservant l'esthétique du bâtiment. Comme l'indique Charles Lemonnier de l'Agence parisienne du climat (APC), cette méthode est la plus efficace d'un point de vue thermique et permet de conserver le savoir-faire des artisans zingueurs, reconnu par l'UNESCO.

Des habitants comme Alain et Martine Tousla, qui pratiquent cette technique depuis 1986, constatent déjà une baisse significative des températures. "Nous avons gagné 4 degrés !", se réjouissent-ils. Cependant, ce système présente des limites. Bruno Sarre, couvreur-zingueur, met en garde : "Si les températures dépassent 40°C, il faudrait des couches d'isolant d'une épaisseur considérable, ce qui pourrait potentiellement déformer le toit."

Marie-Jeanne Jouveau, architecte et urbaniste, souligne que la climatisation pourrait devenir incontournable dans certaines configurations urbaines. "La question du refroidissement devient essentielle, surtout si les problèmes sanitaires émergent avant que des solutions ne soient mises en œuvre", ajoute Julien Bigorgne.

Avec la crise énergétique actuelle, Maud Lelièvre, rapporteure de la mission "Paris à 50 degrés", note que le coût de la climatisation individuelle pourrait être prohibitif et compare le phénomène aux territoires touchés par l'érosion côtière. Elle propose même des mesures de catastrophe naturelle pour les résidences sous les toits qui deviennent invivables. Le défi demeure : comment Paris pourra-t-il protéger ses habitants tout en préservant son patrimoine ?

Lire aussi

Sous le zinc, la chaleur écrasante : comment Paris fait face à l'été remuant
Analyse de l'impact des canicules sur les toits parisiens. Quelles solutions pour mieux se rafraîchir ?
08h26
L'intelligence artificielle d'Anthropic à nouveau accessible, mais pas pour tous
Le gouvernement américain a réautorisé l'accès à Mythos 5 d'Anthropic, mais uniquement pour certains acteurs nationaux. Les développements soulèvent des questions sur l'avenir de l'IA.
27 juin
Sécheresse imminente dans le nord de l’Italie : le Pô au bord de la rupture
Le fleuve Pô, essentiel pour l'agriculture italienne, affiche des niveaux inquiétants. Quelles conséquences ?
27 juin
L’hôtel Les Roches au Lavandou : un écrin moderne aux racines historiques
L'hôtel Les Roches, nouvellement rénové, allie luxe moderne et histoire au Lavandou. Explorez ses chambres, son spa et ses restaurants raffinés.
27 juin
Un autoradio CarPlay à prix cassé : le bon plan des soldes d'été
Profitez de soldes d'été exceptionnelles sur l'autoradio CarPlay de Campark avec caméra. Équipez votre voiture à moindre coût !
27 juin
Fraude à l'assurance maladie : des chiffres alarmants dans la Vienne
Découvrez le bilan 2025 de la fraude à l'assurance maladie dans la Vienne, révélant des chiffres préoccupants et des profils délinquants.
26 juin