Le dernier bilan fait état de 1.943 morts suite aux deux puissants séismes survenus le 24 juin au Venezuela, où les survivants, déjà accablés par un manque crucial de nourriture et d'abris, pourraient bientôt faire face à une crise épidémique, a averti l'ONU ce mardi.
Les tremblements de terre, d'une magnitude atteignant 7,2 et 7,5, sont les plus violents que le pays ait connus depuis plus d'un siècle, faisant également plus de 10.500 blessés, selon Jorge Rodriguez, président de l'Assemblée nationale.
À ce jour, environ 30.000 personnes se trouvaient dans l'épouvantable zone du port de La Guaira au moment des secousses. Bien que 6.461 personnes aient été secourues, plus de 50.000 personnes, d'après l'ONU, restent portées disparues.
- Enfant miraculé -
Les experts signalent que la fenêtre de 72 heures après un séisme, où les chances de retrouver des survivants restent élevées, s'est refermée, rendant de plus en plus peu probables les retrouvailles. Cependant, une note d'espoir est survenue lorsque des secouristes jordaniens ont réussi à extraire un enfant de trois ans des décombres à Caracas.
Les dégâts sont considérables. La NASA a évalué à environ 58.870 bâtiments les dommages survenus, alors que les services essentiels s'effondrent. La situation dans l'État de La Guaira est alarmante : "Les pénuries alimentaires sont omniprésentes et les communications en grande partie interrompues", a rapporté le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR).
"Les tensions parmi la population s'accroissent, l'accès à l'aide étant très restreint", a souligné un porte-parole du HCR.
Daniela Armas, une jeune vendeuse de 18 ans blessée, témoigne : "L'aide arrive, mais parfois cela tourne à la violence pour obtenir de la nourriture. C'est comme un combat de coqs." Dans ce climat d'urgence, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel de 50 millions de dollars pour sustenter 500.000 personnes pendant trois mois.
Stephanie Hochstetter, responsable de l'agence de l'ONU, a souligné que "ces tremblements de terre ont dévasté des familles qui peinaient déjà à se nourrir. Désormais, la destruction des infrastructures risque de plonger davantage de familles dans la précarité".
- Morgue improvisée -
L'OMS estime qu'il existe un risque d'épidémies à cause des infrastructures sanitaires détériorées. Christian Lindmeier a averti que les perturbations dans les services d'eau et d'assainissement, combinées aux déplacements de populations, pourraient favoriser des flambées de maladies évitables par la vaccination.
Le HCR a estimé ses besoins à environ 15 millions de dollars pour abriter temporairement 30.000 personnes durant six mois. Pablo Alfonzo, un réfugié de 64 ans, appelle au secours : "Plus de 80 % de La Guaira est en crise. Il est urgent que les autorités se concentrent sur les services essentiels comme l'eau potable et l'électricité".
Les survivants luttent pour subsister. Celix Ruiz, dormant sur le parking d'une pharmacie, déclare : "Personne ne veut aller dans un refuge, c'est comme être dans la rue". D'autres, comme la jeune médecin Diorjailis Escalona, se mobilisent : "Je suis en état de choc, mais je fais de mon mieux pour aider".
En réponse à cette crise, les États-Unis ont doublé leur aide bilatérale, atteignant 300 millions de dollars pour les ONG et agences humanitaires. Ce contexte difficile est d'autant plus tendu suite à la capture présumée du président Nicolas Maduro par l'armée américaine, qui a renforcé ses positions dans le pays.
Sur les quais de La Guaira, une morgue a été improvisée face à l'afflux de blessés et de décès. Les infrastructures de santé sont saturées, exacerbant la souffrance des familles éprouvées.
Wilker Molalla, dans la queue pour identifier les corps de ses proches disparus, raconte : "Ma famille est ici. J'espère retrouver ceux que j'ai perdus, mais il ne reste que deux survivants de chez moi." Selon l'OMS, 38 hôpitaux ont subi des dégâts, dont trois gravement endommagés.
Face à cette tragédie, la communauté internationale est présente sur le terrain : 27 pays ont envoyé des équipes de secours, comprenant plus de 2.000 professionnels et plus de 160 chiens spécialisés dans les recherches.







