Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a formellement exprimé des regrets aujourd'hui pour les plus de 185 000 adoptions forcées d'enfants nés de mères célibataires entre 1949 et 1976. Lors d'une séance au Parlement, il a déclaré : « Ce n'est pas à vous d'avoir honte, ça n’a jamais été à vous. C'est à nous d'avoir honte. Je le dis au nom de notre pays, nous en sommes profondément désolés. » Starmer a ajouté que ce qui s'était passé est une « tache sur notre histoire ».
Selon une évaluation de la commission parlementaire sur les droits humains conduite en 2022, des milliers d'enfants ont été adoptés dans un climat de stigmatisation envers les mères ayant des enfants hors mariage. Le Guardian rapporte que ces adoptions sont le reflet d'un système institutionnalisé, imprégné dans les politiques des autorités locales et des organisations, y compris religieuses.
« Des enfants ont grandi en croyant n'avoir pas été désirés, tandis que les mères ont été accablées d'accusations d'immoralité », a précisé Starmer.
Lors de cette occasion, il a également rencontré des victimes de ces pratiques, mettant en avant leur « courage extraordinaire ». La confession de faveurs n'inclut pas de compensations financières, mais la mise en place d'un accès unique en ligne pour aider les victimes à retracer leur histoire personnelle est prévue. France 24 a signalé que des consultations seront menées pour garantir la préservation des archives pendant cent ans afin d'être accessibles aux intéressés.
Des députées ayant personnellement vécu ce drame ont partagé leurs émotions lors de la séance à la Chambre des communes. Tracy Gilbert a évoqué le foyer mère-enfant de l'Église d'Écosse où sa propre mère a été contrainte de confier un bébé à l'adoption. Sarah Pochin, pour sa part, a témoigné avoir dû engager des frais de sa poche pour retrouver son frère.
Une reconnaissance nécessaire
Le mouvement Movement for an Adoption Apology, qui militait pour ces excuses, a salué cet acte comme une avancée significative. Bien que tardives pour de nombreuses victimes, les excuses sont enfin un pas vers la reconnaissance de leurs traumatismes. La souffrance des mères et des enfants adoptés est désormais reconnue comme un sujet sérieux, nécessitant un dialogue ouvert et honnête.
Les gouvernements gallois et écossais avaient déjà présenté des excuses cette année, et un processus similaire est en cours en Irlande du Nord, où une enquête publique devrait commencer bientôt. En 2016, l'Église catholique en Angleterre avait également entrepris de s'excuser pour la douleur infligée à ces mères.
D'une manière similaire, l'Église anglicane d'Angleterre avait, le mois dernier, exprimé ses regrets concernant la douleur causée par ces anciennes pratiques d'adoption.







