Les équipes de secours internationales plient bagage, mais au Venezuela, l'espoir demeure pour les familles touchées par la catastrophe. Raul Alvarado continue de chercher sa famille, ensevelie sous les débris d'un immeuble à Carabellada, après les tremblements de terre du 24 juin.
L'immeuble OPP 26, un complexe de 16 étages, a été gravement endommagé. Le dernier lien de Raul avec sa famille, il l’a vu avant le second séisme : "Ils étaient ensemble, enlacés dans la pièce voisine", raconte-t-il. Aujourd'hui, leur appartement est réduit à l'état de gravats, une triste métaphore de la destruction qui a frappé la région.
Le bilan des catastrophes est accablant, avec plus de 3.500 morts enregistrés et des dizaines de milliers d'individus toujours portés disparus. Alors que l'ONU évalue jusqu'à 50.000 disparus, le gouvernement reste silencieux sur cette tragédie.
“L'immeuble était plein de vie. Mon voisin avait cinq petits-enfants, tous sont coincés là-dedans”, déplore José Alvarado, un homme de 31 ans, alors que des pelleteuses déblayent les décombres.
Les scènes de désolation se multiplient à travers la ville. Près de 200 immeubles ont été affectés par les séismes de magnitude 7,2 et 7,5. Certains se sont effondrés, d'autres ont perdu leurs façades. Les bénévoles et les pompiers font preuve d'un courage extraordinaire, creusant de petits tunnels à travers d'énormes masses de béton à la recherche de survivants.
Malgré les efforts acharnés, la probabilité de retrouver des vivants s'amenuise jour après jour. Alny Pacheco, un bénévole impliqué dans les opérations, raconte avoir déjà récupéré 12 corps. "Aujourd'hui, nous espérons en sortir un vivant," dit-il, pessimiste mais plein d'espoir.
Des plateformes numériques ont été mises en place pour aider les familles à retrouver leurs proches disparus, enregistrant des milliers de noms dans un pays déjà en proie à des tensions. Jens Laerke, porte-parole adjoint de l'ONU, a mentionné que la détresse des familles était palpable, tandis que le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a estimé qu'environ 30.000 personnes se trouvaient à La Guaira au moment du drame.
Les experts s'accordent à dire que la combinaison de deux secousses rapprochées et de la fragilité des structures en béton armé a exacerbé la situation. Katsu Goda, professeur au Canada, a souligné le danger des effondrements en cascade entraînant des pièges mortels pour les occupants.
“Il est impensable d'effacer cette zone sans savoir si d'autres corps sont sous les décombres”, s'insurge Daniela Alvarez, à la recherche de sa sœur et de sa famille. Les appels à la prudence résonnent dans les esprits des familles éplorées, qui craignent de perdre à jamais ceux qu'elles aiment.
Debout au sommet des décombres, Clemente Canizalez, lui aussi en quête de ses proches, rappelle la tragédie humaine qui s'est déroulée ici : "Beaucoup de vies ont été perdues... Combien étaient-ils? Cela reste une question sans réponse."







