En proie à des difficultés croissantes, Cuba subit une nouvelle déconnexion totale de son réseau électrique, marquant la troisième depuis moins de dix jours. Cette situation désastreuse met à l'épreuve le quotidien des 9,6 millions d'habitants de l'île, durement touchés par un blocus pétrolier américain qui complique l'accès au carburant.
À 11h05 (15H05 GMT), l'Union électrique de Cuba (UNE) a signalé une coupure qui a privatisé l’ensemble du pays d’électricité. Les coupures générales deviennent monnaie courante, avec cinq incidents similaires depuis le début de l'année, sans que les raisons ne soient clairement communiquées par les autorités.
Les deux dernières déconnexions se sont produites la semaine dernière, obligeant les équipes de rétablissement à travailler plus de 24 heures pour rétablir le service, tout en faisant face à des délestages quasi permanents. "Je suis sans mots", témoigne Maria Caridad Alvarez, 62 ans, qui désespère de pouvoir cuisiner pour sa famille sans interruption.
"Cette crise énergétique tue l'enthousiasme de vivre", confie la sexagénaire, reflet d'une lassitude croissante parmi la population. David Matias Rodriguez, un retraité de 82 ans, soulève une autre inquiétude : ses provisions dans le frigo.
Récemment, les coupures ont parfois dépassé 30 heures à La Havane et plusieurs jours en province, malgré des efforts pour diversifier la production électrique avec des parcs solaires. Les habitants expriment leur frustration, allant jusqu'à organiser des manifestations symboliques en allumant des feux de débris ou en frappant des casseroles.
- Un réseau vulnérable -
La détérioration des infrastructures, combinée à un manque de carburant dû au blocus, cause des coupures fréquentes. La situation s'est exacerbée depuis que Washington a restreint l'importation de pétrole, essentiel pour alimenter les groupes électrogènes.
Ces générateurs sont cruciaux pour compenser les pannes des sept centrales thermiques vieillissantes, qui sont régulièrement défaillantes ou nécessitent des arrêts techniques. L'UNE indique que la pénurie de carburant rend le réseau électrique encore plus susceptible aux pannes.
Depuis janvier, seuls quelques chargements de pétrole brut ont pu atteindre Cuba, laissant la population dans l'incertitude. Les tensions entre Washington et La Havane se sont intensifiées récemment, particulièrement après les événements au Venezuela.
La diplomatie entre les deux nations connaît une impasse, le ministre cubain des affaires étrangères, Bruno Rodriguez, ayant avoué qu'aucun progrès n'avait été réalisé dans les négociations. Cette crise énergétique continue d'alimenter des débats passionnés au sein de la société cubaine, aggravant ainsi la situation déjà précaire du pays.







