Les récents bombardements menés par la coalition saoudienne sur la province de Dhale, fief du Conseil de transition du Sud (STC) au Yémen, ont intensifié les tensions politiques. Aidarous al-Zoubaidi, leader des séparatistes soutenus par les Émirats, a été accusé d"haute trahison" après avoir fui les pourparlers à Ryad destinés à apaiser les conflits entre les factions rivales au sein du gouvernement yéménite.
Ces frappes, qui ont causé la mort de plusieurs civils, surviennent dans un contexte déjà volatile où le STC aspire à revendiquer un État indépendant dans le sud du Yémen, une région qui a connu une indépendance de 1967 à 1990. Selon des sources locales, plus de quinze frappes ont été enregistrées, reflétant un escalade des hostilités visant à dissuader al-Zoubaidi de renforcer ses positions militaires.
"Les informations reçues par la coalition indiquent que des unités sous son commandement se sont déplacées avec des blindés et un armement lourd", a précisé un communiqué militaire. En réponse, al-Zoubaidi a affirmé qu'il continuait de diriger ses troupes depuis Aden et a appelé à un cessez-le-feu immédiat.
Les tensions ne sont pas uniquement militaires, mais touchent également aux intrigues politiques. Le chef du Conseil présidentiel, institution reconnue internationalement, a annoncé la révocation d'al-Zoubaidi et son renvoi pour avoir formé une milice illégale, ce qui a suscité des critiques sur les intentions de Ryad vis-à-vis des différentes factions au Yémen. "Il est crucial que toutes les parties engagées dans ce conflit trouvent un terrain d'entente pour éviter une détérioration encore plus profonde", a affirmé un analyste politique basé à Sanaa.
Le Yémen traverse une crise humanitaire sans précédent depuis que les Houthis ont pris le contrôle de Sanaa en 2014. Bien que la coalition saoudienne ait été déployée pour soutenir le gouvernement, des divergences se sont nettement manifestées entre Ryad et Abou Dhabi quant aux factions à soutenir, créant un labyrinthe de rivalités internes.
Alors que la communauté internationale appelle à un dialogue constructif, la situation au Yémen demeure fragile. Avec le STC qui prend des positions de plus en plus affirmées, le pays s'oriente vers un avenir incertain, tant en termes de stabilité politique que de paix durable.







