L'Union nationale des associations familiales (Unaf) souligne que la baisse de la natalité n'est pas due à un désintérêt pour la parentalité, mais plutôt à des obstacles financiers et matériels. Jean-Philippe Vallat, directeur des politiques familiales de l'Unaf, explique que "les coupes budgétaires successives et l'instabilité des politiques publiques ont compliqué la réalisation des projets familiaux".
Selon les prévisions démographiques, la France pourrait connaître une situation inédite en 2025, avec plus de décès que de naissances. Déjà, entre juin 2024 et mai 2025, le solde naturel de la population est devenu négatif, avec 651 000 décès pour 650 000 naissances, un phénomène observé pour la première fois depuis 1944.
Emmanuel Macron a récemment évoqué la nécessité d'un "réarmement démographique", suscitant la controverse, notamment parmi les féministes. Ce sujet a également conduit à la création d'une mission d'information à l'Assemblée nationale pour analyser les conséquences de cette tendance.
Une perte alarmante de naissances
Bien que l'indice de fécondité demeure relativement élevé en France (1,6 enfant par femme), il a fortement chuté depuis 2014, où il était de 2 enfants par femme. Bernard Tranchand, président de l'Unaf, déclare : "Nous perdons chaque année 150 000 naissances, et pourtant le désir d'enfant reste intact." Selon une récente étude de l'Institut national d'études démographiques, les Français souhaitaient en moyenne 2,27 enfants en 2024, comparé à 2,39 en 2011.
Des facteurs tels que l'émancipation des femmes et une société individualiste ont connu un impact. Cependant, le fossé entre le désir et la réalité est grandissant : "Les couples peinent à concrétiser leurs aspirations" estime Tranchand.
Un récent rapport d'Opinionway pour l'Unaf révèle que les couples estiment avoir besoin de stabilité, d'un logement adéquat et de ressources financières suffisantes pour envisager d'avoir des enfants. Vallat souligne que "les contraintes matérielles sont souvent des freins majeurs à la procréation".
Les enjeux de confiance et de coût
Par ailleurs, le manque de confiance en l'avenir et l'augmentation du coût de l'éducation des enfants figurent parmi les principaux freins selon cette étude. L'Unaf fait le lien entre les fluctuations des choix de fécondité et les politiques publiques, notant qu'une dynamique favorable de 1994 à 2014 a été suivie par des décisions défavorables post-2014, telles que la mise sous conditions des allocations familiales et une fiscalité moins avantageuse.
"De concert, ces développements ont vraisemblablement contribué à une baisse significative de la natalité", conclut Vallat. Les solutions proposées incluent une attention renforcée à la politique familiale et plus de soutien financier pour les familles.
En fin de compte, la question se pose : comment repenser notre approche pour résoudre cette crise de la natalité qui risque d'affecter notre modèle social à long terme ?







