Les protestations en Iran, qui durent depuis onze jours, prennent une tournure inquiétante alors que le gouvernement a décidé de couper l'accès à Internet afin d'endiguer la contestation sociale. Cette mesure, destinée à freiner les manifestations liées à une crise économique profonde, est déjà observée dans d'autres pays en proie à des tensions similaires.
Des rapports d'organisations telles que l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) signalent des affrontements violents entre manifestants et forces de sécurité à travers plus de 100 villes et villages du pays. Le bilan tragique indique au moins une quarantaine de morts parmi les manifestants et des milliers d'arrestations, rendant la situation encore plus volatile.
La flambée des prix et la chute du rial face au dollar sont à l'origine de ce mécontentement croissant. Selon BBC, des commerçants de Téhéran ont été les premiers à exprimer leur frustration, mais la colère s'est rapidement étendue à tous les segments de la population. Les autorités, en réponse à cette situation alarmante, ont choisi de couper Internet, une stratégie fréquemment employée pour étouffer les voix dissidentes.
Jeudi dernier, des observateurs du réseau, notamment NetBlocks et Cloudflare, ont rapporté une chute brutale du trafic Internet à l'échelle nationale, indiquant que l'Iran était « pratiquement hors ligne ». David Belson, un analyste chez Cloudflare, a déclaré : "Nous observons une baisse significative de l'activité, témoignant d'une coupure totale".
Cette coupure d'Internet est perçue par les experts comme une tentative désespérée du régime pour maintenir son autorité. « C'est un geste classique en période de crise qui vise à isoler les électeurs et empêcher une organisation efficace des manifestations », a commenté un analyste politique à Paris.
En effet, l'usage de la censure numérique n'est pas nouveau. Des pays comme le Bangladesh et la Birmanie ont également opté pour la coupure de services Internet face à des soulèvements populaires. Cette tendance souligne une réalité inquiétante : le contrôle de l'espace numérique est devenu un outil de répression majeur dans de nombreux contextes géopolitiques.
Alors que la révolte s'intensifie, des manifestants continuent de défiler dans les rues, défiant l'autorité gouvernementale malgré la répression croissante. « Nous ne pouvons plus rester silencieux face aux injustices », a déclaré un participant de la ville de Mashhad, où des manifestations ont eu lieu en parallèle de l'effondrement de la connectivité.
Avec de nombreux défis économiques et politiques en jeu, l'avenir du pays demeure incertain alors que la population s'efforce de se faire entendre, même dans l'obscurité numérique imposée.







