La colère gronde parmi les agriculteurs français suite à l'approbation de l'accord UE-Mercosur à Bruxelles. Ce sentiment s'est amplifié avec des actions spectaculaires à travers le pays, notamment des manifestations avec des tracteurs et des blocages de routes.
Après plus d'un mois de mobilisations, la Coordination rurale, un syndicat agricole de droite, a vu 1 200 manifestants rassembler 500 tracteurs dans 31 départements. Dans la région parisienne, des militants de la Confédération paysanne ont organisé une opération escargot sur le périphérique, se heurtant à l'interpellation de deux de ses porte-parole devant l'Arc de Triomphe pour des accusations d'"outrage et rébellion".
Cette arrestation a été qualifiée de "scandaleuse" par la Confédération paysanne, qui dénonce une atteinte à la liberté d'expression des agriculteurs. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a choisi de ne pas disperser les rassemblements, malgré leur statut "illégal". Les agriculteurs ont parcouru de longues distances de leurs bases pour montrer leur détermination, atteignant même l'Assemblée nationale, qu'ils ont assiégée avec leurs tracteurs.
Les actions se sont intensifiées alors qu'une dizaine de "bonnets jaunes" ont utilisé des œufs pour protester contre l'Anses, l'agence responsable des réglementations phytopharmaceutiques. Le Monde rapporte les propos de José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, affirmant que l'agence doit disparaître car elle conseille le gouvernement sur des réglementations qu'ils jugent nuisibles.
La FNSEA, principale organisation agricole en France, estime que ce vote à Bruxelles constitue une "trahison" de la souveraineté agricole européenne. Les agriculteurs en difficulté, qu'ils soient viticulteurs, céréaliers ou éleveurs, soulignent le danger que représente cet accord pour leur survie économique. Jean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes, souligne que les produits importés du Mercosur sont moins chers en raison de pratiques agricoles qu'ils considèrent déloyales, comme l'utilisation d'OGM interdits en Europe.
Les agriculteurs des différents syndicats prévoient de continuer leurs actions de protestation et d'appeler à manifester le 20 janvier à Strasbourg. Ils demandent également des mesures réelles pour protéger leurs intérêts et appellent à une saisine de la Cour de justice de l'UE pour suspendre l'accord. Alors que les tensions s'intensifient, la question de l'avenir de l'agriculture européenne est au cœur des débats. Des analyses supplémentaires sont à suivre dans les prochains jours.







