Ce jeudi, une décision unanime des élus de la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSO) a marqué un tournant décisif pour l'avenir d'Arc : l'effacement total de la dette de l'entreprise, dépassant les 2,5 millions d'euros. En contrepartie, Arc cède des terrains pour un euro symbolique, une démarche cruciale pour maintenir les emplois locaux.
Dans un contexte économique tendu où la contre-performance de l'entreprise menaçait plus de 3 487 postes, la collectivité se joint à la région et à l'État pour abandonner au total 27 millions d'euros de créances. Cette initiative s'inscrit dans un plan de reprise mené par Timothée Durand, qui a personnellement exposé sa stratégie devant les élus avant le vote. Ces mesures visent à éviter une catastrophe sociale, notamment la liquidation de l'entreprise.
Avec ce nouveau vote, la CAPSO a déjà précédemment renoncé à 2 millions d'euros de créances et impose maintenant une cessation définitive de ces dettes, ce qui aurait été de toute manière perdu si Arc n'avait pas été sauvée.
Ce projet ambitieux va permettre à la collectivité de récupérer 16 hectares de terrains et de bâtiments en plein centre-ville d'Arques, avec l'intention de les réaménager. Laurent Denis, le président de la CAPSO, affirme : "Il y a un gros potentiel sur ces 16 hectares. Nous devons voir comment développer cela dans les années à venir, surtout dans un contexte où la capacité d'accueillir de nouvelles entreprises s'amenuise. Nous avons en tête des projets de dépollution et de désamiantage pour relancer l'activité économique."
Les terrains, évalués à 25,6 millions d'euros par des experts, seront gérés par l'Établissement public foncier, qui chargera de revitaliser cet espace. L’État, bien qu'il n'abandonne que la moitié de ses créances, investira également 4,7 millions d'euros dans une étude de revitalisation en cours, en espérant transformer la dynamique économique du secteur.
Le plan de reprise présente une ombre au tableau, avec 704 suppressions de postes, anticipant des départs volontaires. Timothée Durand, seul repreneur soutenu par Mathieu Leclercq de Décathlon, doit encore obtenir l'accord du Tribunal de commerce pour finaliser cette restructuration d'ici le 20 mars. À terme, si Arc parvient à redresser ses comptes, un retour économique sera envisagé à partir de 2032.
Cette action audacieuse des élus montre une volonté manifeste de préserver non seulement des emplois, mais également de réinventer le paysage économique local. Les voix unanimes en faveur de cette mesure témoignent de l'urgence ressentie face à la situation d'Arc et des efforts pour construire un avenir durable pour la communauté.







