La municipalité lyonnaise a pris les devants dès 2020 en adoptant l’écriture inclusive dans ses communications, marquant une étape significative dans la promotion de l’égalité entre les sexes. Cette initiative du maire Grégory Doucet (Europe Écologie Les Verts) a suscité des échos au-delà de la métropole, illustrant un changement de paradigme dans la communication publique.
Un outil pour l’égalité ?
Adoptée dans un contexte d'engagement pour l'égalité femmes-hommes, l’écriture inclusive est perçue comme un moyen de rendre visibles toutes les identités. Pourtant, cette évolution linguistique a également engendré des controverses. Les critiques, notamment émanant de l’Association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques (APHPP), soulignent que certaines formes de l’écriture inclusive peuvent être des obstacles à la compréhension, notamment pour les personnes en situation de handicap.
Matthieu Annereau, président de l’APHPP, a affirmé : "La synthèse vocale peut rendre certains textes incompréhensibles, ce qui complique l'accès à l'information pour les personnes malvoyantes ou aveugles." Des voix s'élèvent aussi pour évoquer les difficultés que rencontrent les personnes dyslexiques et dyspraxiques. Cette situation soulève des questions sur l’équilibre à trouver entre inclusivité et accessibilité.
Un usage sélectif mais persistant
Cinq ans après cette décision, la ville continue d’intégrer l’écriture inclusive dans ses communications. Cependant, son utilisation reste sporadique et n’est pas systématique parmi tous les services municipaux. Les récents documents de la mairie montrent que son emploi est surtout observé dans des contextes où il est le plus pertinent, mais sans imposition officielle. En revanche, les élus de la majorité écologiste continuent d’y recourir largement.
En 2023, le débat s’est ravivé avec des élus de l’opposition qui ont déposé des amendements appelant à une remise en question de cette pratique, renforçant ainsi l’idée que la polémique autour de l’écriture inclusive à Lyon reste bien vivante.
Comme le résume une étude menée par Le Monde, la question de l’écriture inclusive interroge non seulement la langue française mais également les valeurs de notre société contemporaine. À Lyon, le choix audacieux de cette municipalité pourrait bien être à la croisée des chemins de l'émancipation linguistique et de l'accessibilité pour tous.







