La Jarrie (3 500 habitants), Dompierre-sur-Mer (6 315 habitants), Château-d’Oléron (4 366 habitants) et Soubise (environ 3 316 habitants) sont des exemples où les élus en place semblent assurés de remporter les élections. Ce phénomène, où 61 % des 462 communes en Charente-Maritime n’affichent qu’une seule candidature, pose question. Est-ce le signe d’un déclin démocratique ou de la désillusion vis-à-vis des responsabilités d’élu ?
Certains maires, comme Michel Parent, en place depuis 1997 à Château-d’Oléron, expriment leur déception face à cette réalité. “J’aurais aimé qu’une autre liste émerge pour offrir des alternatives aux électeurs”, dit-il, tout en craignant de revivre un mandat où il se sentait déconnecté de la population.
Une dynamique aux enjeux incertains
Guillaume Krabal, maire à Dompierre-sur-Mer depuis 2020, partage ce sentiment d’inquiétude. Pour lui, l’enrichissement démocratique passe par des échanges d’idées. “Un réel choix aurait été préférable”, indique-t-il, soulignant que la démocratie repose sur les débats et la confrontation des points de vue. À Soubise, le maire Lionel Pacaud souligne que la situation n'est pas de leur responsabilité : “Nous avons mené une campagne malgré tout. Ce n’est pas un chèque en blanc.”
David Baudon, à La Jarrie depuis 2001, attribue cette absence de concurrence à “l’instabilité nationale et internationale” qui incite à l’union plutôt qu’à la division. Pour lui, les maires doivent créer un cadre où les citoyens puissent s’exprimer, même sans une opposition formelle.
Le défi de l'engagement citoyen
Conscient des risques d'isolement, Michel Parent envisage d'instaurer des comités consultatifs qui incluraient les citoyens, afin de favoriser les échanges. “Il est vital de maintenir un lien étroit avec la population”, affirme-t-il. De même, Lionel Pacaud estime que le contact avec les électeurs doit perdurer, même sans enjeu électoral. “Il faut encourager les gens à voter, car le manque d'intérêt peut également être le résultat d'une désaffection générale.”
Alors que de nombreux maires doivent composer avec une campagne à porter seule, ils s'engagent à organiser des rencontres publiques et des ateliers participatifs pour maintenir le dialogue et l'implication citoyenne. “On peut agir et fédérer, même quand on est seul en lice”, conclut Krabal.







