La célèbre influenceuse de mode Chiara Ferragni a été déclarée non coupable, mercredi 14 janvier, par un tribunal milanais dans une affaire de fraude aggravée qui avait mis en lumière les pratiques commerciales des influenceurs en Italie.
Avec ses 28 millions de followers sur les réseaux sociaux, Ferragni se trouvait au centre de cette polémique qui a eu des répercussions sur le paysage réglementaire des influenceurs. Elle a été jugée en compagnie de deux de ses associés pour avoir prétendument profité financièrement d’initiatives caritatives, notamment par le biais de brioches de Noël et d'œufs de Pâques. Les accusations portaient sur une représentation trompeuse concernant les contributions à des œuvres caritatives, une situation qui avait été largement médiatisée.
« La justice a triomphé », ont exprimé ses avocats après la décision de la cour. Ferragni, visiblement émue, a remercié ses abonnés pour leur soutien durant ces deux années de tourments judiciaires. L’affaire a débuté en 2022 lorsqu'elle a parrainé la vente d'un pandoro dont une partie des bénéfices était censée être reversée à un hôpital pour enfants. Cependant, il a été révélé que le fabricant de ce produit, Balocco, n’avait fait qu’une donation unique de 50 000 euros, alors que la vente avait rapporté plus d’un million d’euros.
Cette affaire n’a pas seulement concerné Ferragni; son partenaire commercial et le directeur de Balocco ont également été acquittés. La décision du juge a été motivée par le fait que les accusations de fraude aggravée n’ont pas été retenues, et suite au retrait de la plainte d’un groupe de consommateurs, après que des dédommagements aient été versés.
En marge de ce procès, Ferragni avait déjà été condamnée à une amende d'un million d'euros pour pratiques commerciales déloyales, somme équivalente à ses bénéfices des ventes. Balocco, de son côté, a reçu une amende de 420 000 euros. Au total, l'ensemble de l'affaire a coûté près de 3,4 millions d'euros entre amendes et dons, selon ses avocats.
Cette controverse a conduit le gouvernement italien à renforcer le contrôle sur les influenceurs, établissant de nouvelles règles qui exigent des comptes plus transparents de la part de ceux ayant plus de 500 000 abonnés. Cette situation a suscité des débats au sein de l'industrie, certains experts arguant que des régulations plus strictes sont nécessaires pour protéger les consommateurs lors des campagnes caritatives. Le Monde souligne que cette affaire incarne une détermination croissante des autorités italiennes à mieux encadrer le milieu des influenceurs, tout en posant la question de la responsabilité dans le marketing digital.







