Le 21 octobre, des bulldozers israéliens ont lancé la démolition de plusieurs bâtiments du siège de l'Unrwa à Jérusalem-Est, déclenchant des condamnations immédiates de l'agence des Nations unies. Jonathan Fowler, porte-parole de l'Unrwa, a qualifié cette opération de « attaque sans précédent », indiquant que des forces israéliennes avaient pris d'assaut le complexe à 7h00, évacuant les gardes de sécurité présents.
Depuis un an, l'Unrwa est contrainte d'arrêter ses activités en raison d'une interdiction imposée par Israël, accusant l'agence de posséder des liens avec le Hamas. Cette action de démolition survient dans le cadre de la plus longue occupation de la ville par Israël depuis 1967, une annexion considérée illégale par l'ONU.
À l’emplacement de la démolition, des témoins ont rapporté avoir vu des engins de chantier réduire en poussière au moins un bâtiment, tandis qu'un drapeau israélien flottait au-dessus du site. Les responsables israéliens, présents sur le terrain, semblent approuver ces actions, avec le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, se réjouissant d’un « jour historique ». « Pendant des années, des soutiens au terrorisme étaient ici, et aujourd'hui nous les chassons », a-t-il déclaré dans un message publié sur Telegram.
Le directeur de l’Unrwa en Cisjordanie, Roland Friedrich, a émis des doutes sur les intentions israéliennes, pointant vers une possible volonté de s'emparer des terrains pour des projets de colonisation, ce qui ne ferait qu'accentuer les tensions sur le terrain. En réponse, le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé que cette action ne constitue pas un changement de politique mais la mise en œuvre de lois existantes.
Les accusations israéliennes contre l'Unrwa ont été renforcées par des allégations concernant l'implication d'employés de l'agence dans des incidents récents, traits de petites guéguerres pour gagner l'opinion publique. Dans ce contexte, l'ONU a limogé neuf employés à Gaza, mais a précisé que les preuves fournies par Israël n'avaient pas pu être vérifiées par son enquête.
« Ce qui se passe aujourd'hui avec l'Unrwa pourrait arriver demain à d'autres organisations internationales », a alerté Fowler, soulevant des préoccupations essentielles quant à la sécurité et aux droits des agences humanitaires internationales.
Dans l'ombre de cette crise, les utilisateurs des réseaux sociaux et les experts en relations internationales évoquent un avenir incertain pour la région, en soulignant l'importance de dialogues pacifiques et de solutions durables. « Les destructions et les tensions ne font qu'alimenter un cycle sans fin de violence », a déclaré l'analyste politique français Alain Dubois, spécialiste du Proche-Orient.
Créée en 1949, l'Unrwa offre des services essentiels comme la santé et l'éducation à des millions de réfugiés palestiniens au Liban, en Syrie, en Jordanie et dans les territoires palestiniens. L'agence est désormais confrontée à des défis sans précédent alors qu’elle se voit de plus en plus menacée dans l'exercice de sa mission humanitaire.







