Des leaders européens ont convenu ce lundi à Hambourg d'accélérer leurs efforts pour développer l'énergie éolienne en mer du Nord. Cet engagement vise non seulement à sécuriser l'approvisionnement énergétique du continent, mais également à réduire la dépendance vis-à-vis des ressources gazières russes.
Au cours de ce sommet, les ministres de l'Énergie de plusieurs pays, dont la Belgique, le Danemark, la France, l'Allemagne, et les Pays-Bas, ont signé une déclaration pour établir "le plus grand pôle mondial d'énergie propre". Le ministre allemand de l'Économie, Robert Habeck, a affirmé que cette initiative était cruciale dans le contexte de tensions géopolitiques actuelles, exacerbées par des ambitions américaines en Arctique, incluant le Groenland, comme le note le site Le Monde.
Un nouvel élan pour l'éolien offshore
Les engagements pris lors de ce sommet incluent la création d'une capacité énergétique de 300 gigawatts d'ici 2050, avec un objectif intermédiaire de 120 GW d'ici 2030. Malgré ces ambitions, certains experts, comme ceux du rapport de l’Agence internationale de l'énergie (AIE), soulignent que ces cibles pourraient ne pas être atteintes sans des actions concertées au niveau de l'Union européenne.
Le nouvel accord se marie avec l'intention de lancer une "flotte sans précédent" de projets éoliens offshore, avec un total estimé à 100 GW. Cette production pourrait alimenter environ 100 millions de foyers.
"Nous envoyons un signal très fort à la Russie : l'énergie ne sera plus utilisée contre nous", a déclaré Dan Jørgensen, commissaire européen à l'énergie.
Réponses aux menaces géopolitiques
La menace russe vient s'ajouter aux incertitudes liées à la dépendance énergétique vis-à-vis des États-Unis, comme le souligne le ministre français de l'Économie, Roland Lescure. Alors que les pays européens cherchent à diversifier leurs sources d'approvisionnement, le sommet a aussi abordé des questions de sécurité face à des actes de sabotage observés dans la région.
Des experts ont recommandé une meilleure intégration entre les ministères de l’Énergie et de la Défense afin d'assurer une réponse coordonnée face à ces menaces. Le climat d'incertitude autour des infrastructures énergétiques en mer du Nord demande une collaboration améliorée et des investissements renforcés.
Groenland : un enjeu sous-jacent
Bien que le destin du Groenland n'ait pas été formellement discuté, il reste un sujet de préoccupation parmi les participants, notamment après les récentes déclarations de Donald Trump. "La question du Groenland est dans toutes les têtes", a ajouté Jørgensen, soulignant l'importance de la solidarité entre les nations dans ce contexte.







