L’ex-sénateur Joël Guerriau a maintenu lundi à son procès avoir drogué par inadvertance la députée Sandrine Josso lors d’un tête-à-tête à son domicile parisien en novembre 2023. La soirée a été décortiquée par le tribunal.
D'une voix mesurée, Joël Guerriau a décrit, lors de son procès ce lundi 26 janvier 2026, le contexte de son déclin psychologique à l'époque de sa réélection au Sénat en septembre 2023. L'ancien sénateur centriste de Loire-Atlantique, qui a démissionné en octobre, est actuellement jugé pour avoir administré à son amie de longue date, Sandrine Josso, un cocktail d’ecstasy avec l'intention de commettre un acte d'agression sexuelle. Cette affaire, souvent qualifiée de cas emblématique de soumission chimique, met en lumière les dangers de tels comportements alors que Guerriau, âgé de 68 ans, rejette toute motivation sexuelle.
Selon le rapport de France Info, il aurait affirmé que cette substance lui a été remise par un collègue sénateur dont il n'a pas révélé l'identité. Guerriau soutient avoir craint qu'il ne s'agisse que d’un « phytomédicament », un supposé euphorisant, qu'il aurait ensuite mélangé à des boissons. Le président du tribunal, Thierry Donard, a souligné l’absurdité de cette défense, s'interrogeant sur la crédibilité de sa version des faits.
Les analyses toxicologiques relèvent une forte intoxication
Le lendemain, Sandrine Josso, députée de la 7e circonscription de Loire-Atlantique, arrive pour une célébration surprise de sa réélection, s'interrogeant sur sa solitude parmi les invités. Lors de la fête, elle remarque un goût inhabituel dans le champagne, le décrivant comme « un mélange de sucre et de gluant ». Au cours de la soirée, Guerriau admet avoir « oublié » la drogue dans l'un des verres. Avec un regard insistant, il lui déclare qu'il observe des symptômes potentiellement inquiétants.
Après environ vingt minutes, Josso commence à éprouver des nausées et, en voyant Guerriau manipuler un sachet suspect, la panique s'installe. Elle appelle un taxi et se rend à l'hôpital où des tests révèlent une intoxication sévère à l'ecstasy avec un taux de MDMA alarmant à 388 nanogrammes par millilitre de sang.
Cette affaire, relatée par Le Monde, attise les préoccupations concernant la sécurité des femmes et la nécessité d'une discussion sérieuse autour de la violence et des abus. Les psychologues et les spécialistes des droits des femmes insistent sur l'importance d'une sensibilisation accrue pour prévenir de tels incidents dans des contextes où la confiance est supposée.







