La leptospirose est une maladie zoonotique souvent ignorée, mais qui peut avoir des conséquences graves. Elle se transmet à l'homme par les urines d'animaux contaminés. Récemment, trois individus ont été hospitalisés en réanimation suite à une infection acquise par des rats achetés dans une animalerie.
Le 15 janvier, l'Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté a tiré la sonnette d'alarme concernant ces cas. Les victimes, âgées de 25 à 35 ans, ont toutes acheté leurs rongeurs dans le même établissement. Par ailleurs, un chien a également succombé à cette maladie en Bretagne.
En chiffres, la leptospirose
Bien que relativement rare en France continentale, le nombre de cas de leptospirose est en augmentation depuis 2014, atteignant aujourd'hui entre 300 et 600 cas par an, selon Santé publique France. Dans les territoires d'outre-mer, l'incidence est beaucoup plus élevée, posant un véritable problème de santé publique. À l'échelle mondiale, les estimations indiquent plus d'un million de cas par an, avec un taux de mortalité d'environ 10 %.
Mode de transmission
La leptospirose est causée par des bactéries de la famille des leptospires, présentes dans les urines d'animaux infectés. Ces bactéries peuvent survivre dans des milieux extérieurs, notamment dans les eaux douces et boueuses, selon l'Institut Pasteur. Les principaux vecteurs de la maladie incluent les rongeurs, les animaux d'élevage et même des animaux de compagnie comme les chiens.
Le contact avec les urines ou des surfaces contaminées permet à la bactérie de pénétrer dans l'organisme par les muqueuses ou des blessures cutanées.
Symptômes et gravité
L’incubation de la maladie dure de 5 à 14 jours. Elle se manifeste par des symptômes similaires à ceux de la grippe : fièvre élevée, frissons, douleurs musculaires et articulaires, voire des complications graves comme le syndrome de Weil, qui peut entraîner des défaillances multiviscérales et une mortalité élevée. L'Institut Pasteur signale que des signes évocateurs incluent un ictère conjonctival.
Diagnostic et traitement
Le diagnostic repose sur des analyses du sang ou des urines. Bien que certains cas de leptospirose puissent guérir spontanément, des antibiotiques sont souvent nécessaires, en particulier pour les formes sévères qui nécessitent une hospitalisation.
Prévention
Les mesures préventives comprennent la dératisation, le drainage des eaux stagnantes et l'utilisation de protections individuelles lors de contacts potentiels avec des milieux à risque. Les vaccins sont disponibles pour les professionnels exposés.
Prévention chez les chiens
Pour protéger les chiens contre la leptospirose, il est crucial de les vacciner annuellement. Il est également conseillé d'éviter les zones à risque, telles que les eaux stagnantes, et d'améliorer l'hygiène après des contacts avec des environnements humides. La vigilance est primordiale, car les symptômes de la maladie peuvent se manifester de manière atypique, rendant le diagnostic difficile, comme le précise Pierre Fabing, vétérinaire au service Urgences vétérinaires.







