Tirs autour de l'aéroport de Niamey : la situation sous haute tension

Des détonations nocturnes à Niamey ravivent les tensions au Niger.
Tirs autour de l'aéroport de Niamey : la situation sous haute tension
La zone militaire de l'aéroport de Niamey, au Niger, le 12 janvier 2026. © AFP -

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des échanges de tirs nourris ont perturbé le calme habituel de Niamey, la capitale du Niger. Les premiers coups de feu ont été entendus peu après minuit, suscitant des inquiétudes au sein de la population. Bien que la paix soit apparemment revenue vers 2 heures, des partisans du régime militaire ont lancé des appels à la mobilisation pour 'défendre le pays'.

Les témoignages recueillis sur place, en particulier d'habitants d'un quartier proche de l'aéroport international de Niamey, indiquent que de fortes détonations ont été perçues tout au long de la nuit. Selon l'agence de presse AFP, le Niger fait face à des violences jihadistes qui deviennent de plus en plus fréquentes.

Situé à une dizaine de kilomètres de la présidence nigérienne, l'aéroport Diori Hamani est un point stratégique pour les forces militaires du pays, abritant notamment une base de drones et le QG de la Force unifiée créée avec le Burkina Faso et le Mali pour lutter contre les groupes jihadistes. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent des traînées lumineuses dans le ciel, suggérant l'utilisation de missiles sol-air, potentiellement contre des drones.

Un incident noté par le compte d'analyse Brant sur X, a révélé qu'un avion de ligne en provenance d'Alger a été détourné vers le Burkina Faso, exacerbant les inquiétudes liées à la sécurité aérienne.

Cargaison d'uranium en jeu

La situation est d'autant plus alarmante que des cargaisons importantes d'uranium, produit au Niger, sont stockées à l'aéroport, en attente d'exportation. Dans ce contexte tendu, la campagne de soutien au régime militaire se renforce, avec des appels à la mobilisation venant des cercles proches du gouvernement.

Le Niger, comme ses voisins le Mali et le Burkina Faso, a vu une montée en puissance des attaques jihadistes, en particulier dans sa partie ouest. Ensemble, ces pays ont adopté une approche souverainiste et ont souligné leur intention de rompre avec les relations militaires historiques vis-à-vis de la France. Ils ont formé l'Alliance des États du Sahel, une coalition visant à intensifier la lutte contre divers groupes terroristes comme ceux liés à Al-Qaida et à l'État islamique.

Des experts estiment que les récentes violences pourraient être liées à une réorganisation stratégique des groupes jihadistes dans la région. Selon un rapport de l'ONG ACLED, près de 2 000 personnes ont perdu la vie à cause de ces violences en 2023. Le Niger continue également d'affronter les attaques de Boko Haram et d'autres groupes extrémistes dans sa région sud-est.

Avec AFP

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