Après l'offensive de Damas contre les Kurdes, l'État syrien se voit désormais chargé des prisonniers djihadistes dans sept établissements pénitentiaires. En réponse à cette situation, les États-Unis ont initié une vaste opération pour transférer 7 000 membres de l'État islamique vers l'Irak.
Dans l'émission Points de Vue, l'islamologue Gilles Kepel, co-auteur de l'ouvrage Antiterrorisme - La traque des djihadistes (éd. Plon), a souligné : « On n'imagine pas les gardiens de prison d'Al-Charaa, un ancien djihadiste connu pour ses relations avec l'Occident, être durs avec leurs anciens camarades ». Cette constatation reflète les inquiétudes croissantes des États-Unis suite aux récents développements en Syrie.
Pourquoi l'Irak ? Gilles Kepel explique que cet État a la capacité, contrairement aux forces kurdes, d'administrer correctement la justice. De nombreux djihadistes transférés à ce jour auraient effectivement agi au sein du pays pour le compte de Daech. Ils ont notamment été impliqués dans de violents massacres à l'encontre de la population chiite, ce qui, selon Kepel, pourrait complique leur situation en Irak, un pays dirigé par une coalition majoritairement chiite qui abhorre le groupe terroriste.
Déjà, plus de 1 300 détenus ont été rapatriés en Irak, et la justice a commencé à ouvrir plusieurs enquêtes pour traiter ces cas complexes. L'avenir de ces prisonniers demeure incertain, suscitant des interrogations sur la manière dont la justice irakienne va traiter des actes si atroces.
Dans cette atmosphère tendue, les implications de ce transfert pourraient avoir des répercussions bien au-delà des frontières irakiennes. Les experts s'accordent à dire que la gestion de ces détenus sera cruciale pour l'avenir de la sécurité dans la région. Les sentiments anti-Daech dans les milieux chiites, alliés du gouvernement, pourraient influencer la manière dont ces anciens djihadistes seront traités.







