La CIA a choisi une approche originale pour renforcer ses réseaux d'espionnage en Chine, avec la diffusion d'une vidéo en mandarin, le 12 février dernier. Cette démarche vise à attirer des officiers chinois mécontents de leur situation, et risque de provoquer la fureur de Pékin.
Dans cette vidéo, un personnage fictif, un officier militaire, se déclare prêt à collaborer avec la CIA, après avoir réalisé que « la protection des dirigeants se réduit à la défense de leurs intérêts personnels ». Il dépeint un environnement empli de « mensonges » selon lequel ce choix est une manière de lutter pour son pays et sa famille.
Les images illustrent l’officier entouré de sa famille, puis traversant un point de contrôle pour se rendre à son domicile. Il saisit alors son ordinateur portable et commence à écrire tout en déclarant : « choisir cette voie est ma manière de me battre pour ma famille et mon pays ».
« disposez-vous d’informations sur des dirigeants chinois de haut rang ? »
Le texte en mandarin qui accompagne la vidéo encourage les divulgeurs d’informations à se manifester, ciblant notamment des officiers militaires, ainsi que des personnes travaillant dans les domaines du renseignement, de la diplomatie, ou de la technologie. Le message demande : « avez-vous des informations sur des dirigeants chinois de haut rang ? »
Le texte conclut en disant : « veuillez nous contacter. Nous voulons connaître la vérité », et précise que la CIA est accessible « en toute sécurité via son service caché sur Tor ».
Cette initiative s'inscrit dans un cadre plus large, puisque l'année précédente, la CIA avait déjà lancé plusieurs vidéos visant à recruter des individus au sein des structures chinoises. Le directeur de l'agence, John Ratcliffe, avait spécifiquement mentionné cet objectif. En réponse, le ministère des affaires étrangères chinois avait qualifié ces tentatives de « provocation politique ».
La sortie de cette nouvelle vidéo fait écho à l'éviction récente du général Zhang Youxia, une figure influente, impliquée dans des allégations de corruption, et semble s'inscrire dans une période de tensions accrues entre Washington et Pékin.







