L'usage de la force peut-il réellement apporter des solutions au peuple vénézuélien ? Les intérêts en jeu et l'influence américaine laissent planer des doutes, tant à court qu'à long terme.
Éric Hébert, du Poinçonnet (Indre) : « Je n'ai jamais été un fervent supporter de Donald Trump, mais aujourd'hui, il semble être le seul capable de mettre fin aux abus de Nicolás Maduro. Toutefois, je suis choqué par la réaction de la gauche française, particulièrement de l'extrême gauche.
« En effet, entendre Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou défendre un dictateur tel que Maduro, alors qu'il a mené son pays à la ruine, falsifié des résultats électoraux, réprimé ses opposants et provoqué la souffrance de milliers de Vénézuéliens, me paraît indécent.
« Comment peut-on accorder sa confiance à ce personnage, qui s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur Hugo Chávez ? En une décennie, huit millions de Vénézuéliens ont choisi l'exil pour échapper à cette tyrannie et à la crise économique qu'elle a engendrée.
« Ni Chávez, ni Maduro n'ont su gérer les ressources de leur pays, si ce n'est pour s'enrichir personnellement, laissant le peuple dans la misère. Aujourd'hui, j'espère un avenir meilleur pour le Venezuela, libéré de son dictateur. »
Intérêts capitalistes
Bruno Fornaciari, de Saint-Varent (Deux-Sèvres) : « Emmanuel Macron apporte son soutien à un coup d'État au Venezuela, emboîtant le pas des États-Unis, et ce, sans consulter le Parlement français. Ces derniers mois, la campagne de dénigrement du gouvernement, orchestrée par Donald Trump, a pris de l'ampleur.
« Alimentant les manifestations soutenues par l'opposition, les manœuvres économico-internationales visent à déboussoler les institutions, tandis que les capitales européennes, sous l'influence américaine, jugent la présidence de Nicolás Maduro illégitime.
« Jean-Yves Le Drian a même affirmé que “Juan Guaido a la légitimité pour organiser des élections”. C'est étonnant que la France favorise un homme que les Vénézuéliens n'ont pas élu, représentant de l'Assemblée nationale Juan Guaido, au détriment d'un président élu.
« Ce sont quinze pays de l'Union Européenne qui appuient ce coup, tandis que le président de l'ONU rappelle que seul Maduro, le président élu, doit être considéré comme interlocuteur, avec le Conseil de sécurité. »
« Au nom de la démocratie, une force coercitive pour un avenir énergétique »
« Suite à l'injonction de Trump, le quai d'Orsay, agissant sans trop paraître soumis, a demandé que de nouvelles élections soient annoncées sous huit jours, sinon Juan Guaido serait désigné représentant de l'État.
« La France pourrait-elle accepter une telle pression interne ? L'histoire regorge d'exemples où ces manigances se sont soldées par l'élimination de dirigeants qui ne se plient pas à l'ordre impérial, comme cela a été le cas avec Salvador Allende au Chili en 1973.
« Il est manifeste que le débat se concentre uniquement sur l’élection, sans aborder les orientations économiques et sociales au service du peuple, ce qui n'est pas favorable aux intérêts capitalistes, que ce soit en France ou ailleurs. On se rappelle qu'en 2002, Chávez avait dû faire face à un coup d'État qui prenait racine dans sa mobilisation populaire. Aujourd'hui, les tensions sociales sont exacerbées par une économie déjà affaiblie.
« Les forces bourgeoises détentrices de banques, commerces et industries contribuent à la crise actuelle, tout comme les pressions extérieures sur l'économie vénézuélienne dépendante des hydrocarbures.
« Le gouvernement vénézuélien est loin d'être exempt de fautes, mais pourquoi rejeter la suggestion de Maduro d'organiser de nouvelles élections législatives pour discuter des orientations économiques du pays ? À croire que seul le poste de président est crucial pour aborder les enjeux en cours.
« Les grandes puissances de l'Union européenne, avec la France et l'Allemagne en tête, se rangent du côté des États-Unis. Tandis que des pays comme la Russie, la Bolivie et le Mexique dénoncent ce qui ne peut plus être qualifié que de coup d'État. »
« Dialogue » précise : Les résultats de l'élection présidentielle dernière (51,2 % pour Maduro) suscitent des doutes quant à sa légitimité, étant donné les résultats opaques. En 2025, la population vénézuélienne s'évaluait à 28,5 millions d'habitants, dont 7,9 millions avaient fui le pays pour des raisons politiques et économiques.
Allégations
Jean-Paul Gatard, de Vouneuil-sous-Biard (Vienne) : « L'arrestation spectaculaire de Maduro par les forces américaines tient plus du conte de science-fiction. Néanmoins, après avoir dénoncé une élection truquée en 2024, Trump trouve ici un prétexte pour annexer cette “ éponge à pétrole ”, qui recèle plus de 300 milliards de barils, représentant 17 % des réserves mondiales, dans le but de dominer le marché mondial de l'énergie.
« Ce raid sur Caracas a révélé des dissensions au sein de l'Union européenne : Madrid s'y oppose, Berlin reste prudent, tandis que Paris et Rome saluent cette action comme un soutien à l'opposition. Mais n'est-ce pas qu'un prétexte pour flatter l'ego de Trump ?
« De même, la Russie formule des accusations similaires tout en cherchant à unifier un pays qu'elle envahit, ciblant en réalité les provinces riches en ressources énergétiques. La similitude avec le comportement de Trump à l'égard du Groenland est frappante.
« En somme, sous couvert de défendre la démocratie, il s'agit de garantir par la force un avenir énergétique florissant. La fin justifie-t-elle les moyens ? »







