Deux ans après la tragique disparition d'Alexeï Navalny à l'âge de 47 ans, la mémoire de l'opposant au Kremlin demeure vive. "Il reste une figure emblématique contre l'injustice et la tyrannie de Vladimir Poutine", affirme Olga Prokopieva, directrice de l'association Russie-Libertés, dans une interview pour BFM.
"C'était une personne très écoutée, notamment par les jeunes. Certains le comparaient même à un frère".
La professeure Marie Mendras à Sciences Po renchérit : "L'impact de Navalny est indéniable. Son équipe, toujours active en exil, poursuit un travail d'enquête sur la corruption, notamment liée à un palais récemment construit pour Poutine en Crimée."
Une disparition marquante pour l'opposition
La mort de Navalny a eu des effets divers sur le mouvement d'opposition. Alors que certains voient en lui un symbole d'espoir, d'autres se sentent découragés. "La disparition de Navalny a été un choc terrible, car il était une figure d'espoir", observe Marie Mendras. De nombreux jeunes, dont les voix étaient rehaussées par Navalny, ont diminué leur engagement à la suite de sa mort.
"Bien que la résistance n'ait pas disparu, le climat répressif rend l'impact des opposants difficile à ressentir".
Les hommages à Navalny se poursuivent, avec des cérémonies organisées dans de nombreuses villes. Cependant, ces rassemblements sont risqués, comme l'indiquent les arrestations fréquentes de ses partisans. "Le régime a encore intensifié sa répression, en arrêtant ceux qui osent exprimer un soutien ou même une simple critique", souligne Prokopieva.
Un héritage qui fait trembler le Kremlin
Malgré son absence physique, la peur qu'inspire Navalny au régime est palpable. "Poutine sait que l'héritage de Navalny le menace toujours. Des gens sont arrêtés pour des expressions de soutien, même minimales", déclare Marie Mendras. Le chiffre actuel des prisonniers politiques en Russie est alarmant : environ 10.000 personnes sont privées de liberté pour leurs convictions.
Olga Prokopieva ajoute que la résistance à la guerre en Ukraine est désormais un motif fréquent d'emprisonnement : "Toute critique est risquée. Les gens se mobilisent autour de sujets que le régime ne peut facilement contrôler, comme le pouvoir d'achat ou l'écologie, mais cela demeure dangereux".
Aujourd'hui, l'héritage de Navalny est pris en charge par sa femme, Ioulia Navalnaïa. "Elle a pris le flambeau peu après sa mort, et continuera de défendre une Russie libre depuis Paris", conclut Prokopieva.







