Ce samedi 21 février, le président américain Donald Trump a annoncé l'envoi d'un navire-hôpital au Groenland, un territoire danois aux enjeux géopolitiques cruciaux, juste après l'évacuation d'un membre d'équipage d'un sous-marin américain par l'armée danoise au large de Nuuk. Ce dernier avait nécessité un « traitement médical d’urgence », apportant une tonalité dramatique à la situation.
La réaction du gouvernement danois ne s'est pas fait attendre. Le ministre de la Défense, Troels Lund Poulsen, a affirmé que le Groenland ne nécessitait pas d'initiative sanitaire extérieure, précisant que « la population groenlandaise reçoit les soins de santé dont elle a besoin ». Il a également exprimé des réserves face à l’initiative de Trump, signifiant que la situation était sous contrôle et que ce genre d'annonce alimentait une « nouvelle normalité » dans la politique mondiale.
Dans un message sur sa plateforme Truth Social, Trump a justifié l'envoi de ce « navire-hôpital formidable » en arguant du besoin de « prendre soin des nombreuses personnes qui sont malades » dans la région. Il a illustré son propos avec une image générée par intelligence artificielle du navire USNS Mercy, sans préciser s'il s’agissait effectivement de celui en route vers le Groenland.
Ce déploiement a été orchestré avec Jeff Landry, l'envoyé spécial des États-Unis pour le Groenland, mais le lien entre cette opération et l’évacuation reste flou. Le Commandement Arctique, qui a supervisé l'évacuation du sous-marin, a indiqué que celle-ci avait été réalisée par un « hélicoptère déployé depuis le navire d’inspection Vaedderen », une frégate danoise. Des images du sous-marin circulant dans la baie de Nuuk ont alimenté les discussions sur les implications d'une telle patrouille américaine.
« Les Groenlandais reçoivent les soins dont ils ont besoin »
Face à la démarche américaine, la cheffe du gouvernement danois, Mette Frederiksen, s'est exprimée sur Facebook, affirmant qu'elle se réjouissait de vivre dans un pays où l’accès à la santé est « libre et égal pour tous ». Le Groenland dispose de cinq hôpitaux et a récemment signé un accord avec Copenhague pour renforcer les soins de santé des Groenlandais dans des établissements danois.
Sur les réseaux sociaux groenlandais, les réactions sont partagées. Selon le géopoliticien Mikaa Blugeon-Mered, ce développement est perçu comme un nouvel acte de pression américaine. La présence d'un sous-marin nucléaire patrouillant sans cadre clair suscite de l'inquiétude. De plus, l'empressement de Trump à proposer un navire-hôpital est perçu comme un manque de respect au contexte local, engendrant une réflexion sur les réelles intentions de Washington.







