Paris (France) – Ce mercredi, l’Assemblée nationale se penchera de nouveau sur un sujet sociétal brûlant : la création d’un droit à l'aide à mourir. Après avoir été adoptée en première lecture, cette proposition de loi continue de soulever des questions critiques.
Le vote à venir s’annonce plus incertain en raison des modifications apportées à certains aspects du texte. Ces ajustements, ayant suscité des débats animés, seront soumis à un nouveau vote avant de statuer sur l’ensemble du texte. La pression est palpable pour les députés, dont les décisions pourraient être influencées par ces évolutions.
Prévus initialement pour mardi, les scrutins ont été reportés pour permettre une analyse approfondie des près de 2.000 amendements proposées. En premier lieu, un texte consensuel sur les soins palliatifs, créant des "maisons d'accompagnement" pour les malades, sera voté. Cependant, un "droit opposable" à ces soins a été supprimé, craignant des contentieux potentiels.
De plus, les députés aborderont le tema de l'aide à mourir. Ce texte a été adopté initialement par 305 voix contre 199 en mai, avec des avis divergents selon les partis — la gauche étant généralement pour, tandis qu’une partie de la droite s’y oppose. Le débat reste éminemment personnel, sans consigne de vote imposée.
Un point d’achoppement majeur concerne la manière d’administrer la substance létale. Dans la version originale, le patient devait administrer le produit, sauf incapacitation physique. Cependant, des amendements ont été soulevés pour permettre une plus grande liberté de choix, ouvrant le débat sur la nature de cette “ultime liberté”. La socialiste Océane Godard argue que cela pourrait permettre aux patients de privilégier le temps passé avec leurs proches plutôt qu'un acte difficile. À l’inverse, des voix comme celle de la députée Agnès Firmin-Le Bodo estiment que l’auto-administration est cruciale pour garantir la volonté éclairée du patient.
Le calendrier est serré pour l’auteur de la proposition, Olivier Falorni, qui assure qu’un rejet pour cette raison serait surprenant. Néanmoins, il maintient que l'équilibre du texte initial est fondamental, même s’il soutient l'idée d'un choix libre pour l'administration.
Les députés devront aussi se prononcer sur une précision propuesta par le gouvernement, stipulant qu’une "souffrance psychologique seule" ne serait pas suffisante pour justifier l’accès à l'aide à mourir. Falorni a qualifié cette précision de "superfétatoire", argumentant que les critères d’éligibilité sont déjà rigoureux.
Alors que l’examen de la loi devrait se poursuivre au Sénat dans les mois à venir, les défenseurs espèrent une adoption rapide, idéalement avant l’été. Ce délai semble toutefois ambitieux au regard des divers obstacles à surmonter.
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