Puerto Vallarta, une destination prisée sur la côte pacifique du Mexique, a récemment été le théâtre d'une violence sans précédent. Suite à l'élimination de Nemesio Oseguera, connu sous le nom de 'El Mencho', chef du puissant cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG), la ville a été secouée par des émeutes, avec des voitures incendiées et des commerces attaqués.
« On dirait que nous sommes en pleine zone de guerre », déclare Javier Pérez, ingénieur âgé de 41 ans, alors qu'il se rend dans un supermarché victime de dégradations. Les conséquences de la mort d'El Mencho, abattu par l'armée, se sont fait sentir dans tout l'État de Jalisco, connu pour ses violences chroniques.
Traditionnellement épargnée par ce chaos, Puerto Vallarta était réputée pour son attrait touristique, attirant des Canadiens et des Américains cherchant une échappatoire au froid hivernal. Une retraitée canadienne, Farah Saunders, témoigne : « Nous ne comprenions pas ce qui se passait, nous n'avions jamais vécu ça auparavant. »
Les représailles du cartel ont été immédiates : routes bloquées, attaques contre des stations-service et affrontements avec les forces de l'ordre dans 20 des 32 États du Mexique. Le maire, Luis Ernesto Munguia, a rapporté que plus de 200 véhicules ont été incendiés et près de quarante commerces vandalisés.
En outre, le chaos a permis à une vingtaine de détenus de s'évader de la prison locale, lançant une vague de peur parmi les résidents. « C'était terrifiant, et nous n'avons aucune idée de ce qui va suivre », avoue une résidente.
Dans le quartier huppé de Fluvial Vallarta, des habitants sont venus évaluer les dégâts dans un supermarché, témoignant de la perte de leurs entreprises. Said Diaz, jeune homme de 20 ans dont le magasin de motos a été détruit, partage son désespoir : « Je ne peux pas croire que cela arrive ici, un endroit merveilleux. »
Cette situation désastreuse inquiète les acteurs économiques de la région. « Cela va donner une très mauvaise image de Puerto Vallarta », s'inquiète un résident qui travaille dans le secteur touristique. Les réservations chutent, laissant présager des répercussions durables sur l'économie locale.
Alors que les occupants des hôtels tentent de quitter la ville, les compagnies aériennes ont annulé plusieurs vols, exacerbant la crise. La colère et la peur parcourent désormais les avenues autrefois animées de cette station balnéaire, réduisant à néant l'image d'un havre de paix tant apprécié des voyageurs.
La situation reste volatile, et il est difficile de dire quand et comment la paix pourrait revenir à Puerto Vallarta. Les habitants espèrent un retour rapide à la normalité, même si les conséquences de cette violence péseront longtemps dans les mémoires.







