Dans un contexte économique délicat, le gouvernement français se prépare à réunir, mardi, son comité d'alerte des finances publiques. L'objectif sera de faire le point sur l'état des finances nationales et d'évaluer les répercussions de la crise au Moyen-Orient, souligne le ministre de l'Économie, Roland Lescure, qui affirme que cette démarche vise à "identifier rapidement d'éventuels dérapages".
"L'objectif est d'identifier suffisamment tôt d'éventuels dérapages et de prendre des mesures correctives rapidement", a déclaré Roland Lescure au Parisien.
Formé après des dérives budgétaires importantes en 2023 et 2024, ce comité se réunira à Bercy, regroupant des parlementaires et des acteurs des diverses institutions, dont la Sécurité sociale et des syndicats. Outre Roland Lescure, des ministres clés comme David Amiel (Comptes publics) et Stéphanie Rist (Santé) seront présents.
Une crise à quatre milliards d'euros
En 2023, ce comité s'était déjà réuni pour mettre en garde la population sur les dangers de la dette nationale, provoquée par des tensions géopolitiques croissantes. En conséquence, des mesures strictes avaient été mises en place, entraînant une réduction additionnelle de cinq milliards d'euros sur les dépenses publiques.
Face à une réalité instable, avec une guerre au Moyen-Orient renforçant la pression sur l'économie française, Bercy a averti que les coûts liés à cette crise pourraient atteindre 4 milliards d'euros. « Ces enjeux incertains rendent le service de la dette plus coûteux », met en garde le ministère.
130 millions d'euros d'aides face à la crise
Pour compléter ces efforts, le gouvernement a déjà annoncé un plan d'aides d'un montant total de 130 millions d'euros, répartis entre les secteurs les plus touchés par la flambée des prix, dont le transport et l'agriculture. De plus, 70 millions d'euros seront versés à des transporteurs, des pêcheurs et des agriculteurs, tandis que 60 millions serviront à renforcer le chèque énergie, avec un objectif d'atteindre 4,5 millions de bénéficiaires.
Les prévisions de croissance sont également révisées à la baisse, avec une anticipation de 0,9% pour 2026. L'inflation est attendue à 1,9%, ce qui contraint le gouvernement à maintenir son objectif de déficit à moins de 5% du PIB.
"Il y a vraiment une volonté de ne pas creuser les déficits", souligne Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade.
La transparence des chiffres du déficit et des prévisions budgétaires sera essentielle lors de cette réunion, selon les élus de l'Assemblée nationale. Philippe Juvin, rapporteur général du budget, souhaite obtenir des clarifications sur la situation réelle des finances publiques, tandis qu'Éric Coquerel pointe l'importance d'une anticipation des dépenses supplémentaires liées à la crise.







