Les Nations Unies signalent que des dizaines de milliers d'Afghans sont contraints de quitter leurs domiciles à la suite d’affrontements violents à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. Ces conflits, débutés jeudi dernier, ont été déclenchés lorsque l'Afghanistan a réagi à des frappes aériennes menées par le Pakistan.
Oui, ces hostilités ont évolué vers une offensive ouverte, le Pakistan prenant alors des mesures militaires ressenties jusqu'à Kaboul et dans d'autres localités clés comme Bagram et Kandahar, notamment la ville où réside le leader taliban Hibatullah Akhundzada.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a mentionné que les combats ont provoqué la fuite d'environ 20 000 familles, alors que des sources afghanes évoquent le déplacement de plus de 8 000 personnes. « Environ 160 000 individus ont souffert de l'interruption des distributions alimentaires d'urgence », a précisé l'agence onusienne, pointant du doigt la situation de malnutrition aiguë qui sévit déjà dans certaines régions.
À Kunar, un habitant a partagé sa détresse avec l'AFP : « Des milliers de familles ont fui Sirkanay. De nombreuses maisons sont désormais abandonnées, une seule personne restant souvent pour veiller sur les biens. »
Le ministère afghan de la Défense a rapporté que les attaques ont été « d'une ampleur et d'une intensité considérables » dans plusieurs provinces en une seule journée, faisant état de 42 civils tués et 104 blessés, parmi lesquels des enfants. La situation est tragique, avec trois enfants récemment victimes de frappes qualifiées de « crime par le régime militaire pakistanais », selon le porte-parole afghan Hamdullah Fitrat.
Le Pakistan a jusqu'à présent gardé le silence concernant les pertes civiles de son voisin. Les explosions ont continué à résonner dans Kaboul, accompagnées de tir d'armes antiaériennes et de fusillades, dépeignant un tableau d'instabilité inquiétant pour la population.
« Jamais il n'est trop tard pour discuter », a déclaré le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar, tout en affirmant la volonté de mettre un terme à cette crise. Les deux nations se blâment mutuellement pour des attaques menées par des militants présumés.
L'ONU, par l'intermédiaire de sa mission en Afghanistan, invite à des dialogues pacifiques. Cependant, les pertes humaines s'accumulent des deux côtés : le gouvernement afghan a infirmé le bilan annoncé par ses voisins, alors que les frappes sur la base de Bagram ont été confirmées par les talibans, bien qu'ils n'aient rapporté aucun dégât.
Cet épisode de violence, le plus grave depuis octobre, soulève de sérieuses inquiétudes quant à la stabilisation de la région, alors que les frontières restent majoritairement fermées et que des milliers d'innocents en subissent les conséquences dramatiques. Les populations locales exhortent à l'aide humanitaire pour surmonter cette crise grandissante.







