En pleine campagne municipale à Paris, Sarah Knafo, candidate du parti Reconquête !, fait déjà parler d'elle. Présente sur la couverture de Causeur ce mois-ci, elle affiche des intentions de vote de 12%, la plaçant en bonne position pour le second tour.
Jamais, depuis l’instauration de la Cinquième République, un relooking politique n’a été aussi frappant. Le 7 janvier, lors d'une émission sur TF1, l’ancienne élue de l'ENA a annoncé son intention de conquérir la mairie de Paris, une annonce qui a surpris plus d'un observateur. Alors qu'on s'attendait à un discours aspirant à une certaine rigueur académique, c'est une approche plus dynamique qu'elle a choisie.
Depuis son entrée au Parlement européen en 2024, Knafo a taillé un nouveau visage pour elle-même. Connue pour son combat contre les gaspillages publics, elle a notamment produit un rapport critique sur l'Agence française de développement et une analyse incisive sur l’immigration algérienne, se démarquant ainsi du registre plus lyrique et identitaire de son partenaire, Éric Zemmour. Toutefois, elle n’en reste pas moins capable d’adapter son discours pour toucher un public plus large, ce qui est essentiel dans sa quête municipale.
La candidate a rompu avec les conventions habituelles en promettant une « ville heureuse », publiant des vidéos colorées qui rappellent des productions de Pixar et en arborant des vêtements audacieux. Sa stratégie lui a permis d’atteindre 12% d’intentions de vote, un score supérieur à celui de son compagnon lors des présidentielles de 2022 dans la capitale, d’après l'institut Harris Interactive.
Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’IFOP, souligne que malgré cette belle montée, Knafo pourrait avoir du mal à bousculer la polarisation actuelle des électeurs parisiens. Il la voit néanmoins comme une potentielle « trouble-fête », capable de jouer un rôle d’arbitre dans cette élection, bien qu’elle ait su s’affranchir des clichés souvent associés à la droite traditionnelle.
Le souhait d'un changement parmi les Parisiens pourrait favoriser son ascension. Si un duel entre Emmanuel Grégoire (PS, 31%) et Rachida Dati (LR, 27%) semble le plus probable, Knafo pourrait jouer un rôle clé, notamment à travers un éventuel rapprochement avec Dati, qui pourrait être nécessaire pour s'assurer une victoire. Il demeure une question intrigante : Knafo adopte-t-elle une version moderne de la stratégie politique de Jacques Chirac ? Comme lui, elle a une expérience au sein de la Cour des comptes et a été entourée par des conseillers avisés. Néanmoins, l'avenir nous dira si elle devra attendre aussi longtemps que Chirac avant de concrétiser ses ambitions.







